Ces jours-ci résonnent comme un tintement de cloche dans un monde glacé. Cette phrase d'une nullité sans pareille, je la dois à ma faible inspiration. En ce moment je n'ai pas envie d'écrire.
Je ne veux pas sacraliser l'acte de l'écriture, ce qui est bête en soi, mais parfois je prends un cahier. Cahier soigneusement rangé dans des tiroires, avec ses frères...C'est le soir en général
que je m'installe, dans mon lit, j'écris des phrases stupides.Je m'endors.Je voudrais vivre dans un monde bleuté.
Mais, j'ai l'angoisse de n'avoir rien à dire. Mais c'est la réalité. Pas d'émois. Pas de sauts dans le vide, même pas de désespoir narcissique. J'ai du mal à concentrer mes idées, ma volonté. Je
marche parfois sur du verre comme au bon vieux temps. Parfois aussi je suis pris de vertige, d'une timidité maladive qui m'empêche de bien fonctionner.
Le quotidien est affreux. Il a une sale gueule. Je déteste les matins titubant et les journées vertes d'écoeurement.
J'ai envie d'écrire. J'ai envie de composer des morceaux. Piètre musicien, quelques accords à peine esquissés. Une voix qui se confond entre fausseté et trouble. Impossible à concilier. J'ai besoin
de m'exprimer pourtant. J'aurais voulu être musicien, je ne suis qu'un faiseur de bruits cocasses.J'aurais voulu être écrivain, je ne suis qu'un barbouilleur d'école. A quoi je sers? En quoi
suis-je bon?
Je suis une personne moyenne, j'ai des désirs moyens, je vis dans une ville moyenne, je ne suis ni heureux ni dépressif, je suis moyen. Moyen physiquement, paniqué par les moqueries (qui remontent
au collège) et encouragé par quelques compliments. L'avantage quand on est moyen physiquement c'est qu'on peut se laisser aller un jour, et afficher un visage moche et un visage un peu plus bien le
jour suivant.
Je perçois beaucoup de personnes jolies.Je complexe. Je tombe parfois en arrêt devant la beauté brute d'un garçon qui se dévoile sur ma route. J'ose à peine le dévisager. Je l'inspecte comme un
enfant qui a envie de comettre une bêtise. Les yeux. Ses yeux sont parfois d'une pureté masculine emplies de désir, de jouissance incarnée, que j'en défaille. Malheureusement, ses effusions
soudaines meurent en deux secondes et demi, avant que je ne soupire d'ennui, de désillusion.
Je commence à me faire chier tout seul. Je me connais, je connais tous les recoins de ma peau étrange, mes troubles, mes défauts, mes tics, ma façon de tourner le monde idiotement. Je ne me déteste
pas, mais j'éprouve un sentiment de lassitude envers moi-même. J'aimerais connaître quelqu'un. Simplement pour avoir la sensation divine de savoir qu'il existe des personnes exempt de toute fadeur.