Samedi 1 août 2009
Quand je suis rentré tout à l'heure, je quittais un peu la mer. Cette mer dense, infinie.

Subitement, dans l'auto, j'ai pensé à lui. A ce garçon qui m'a dévoré l'esprit durant toute l'année. Comme ça subitement. J'espérais, dans un verre d'eau, un message de sa part. Je pensais que le temps, l'air, la chaleur, la tiédeur des jours, auraient été en ma faveur. Mais rien. Des messages d'amis. Important. Mais rien de lui.

Pendant mon séjour, je me suis laissé allé à observer ces garçons et ces hommes qui traversent le désert avec tant de petit talent. Ils me provoquent des sensations. Je dois donc les faire passer dans mes films imaginaires, les voir d'encore plus près, voir leur peau, leur visage, les voir jouir.

Il y avait un garçon très joli sur la plage. Châtain. Blanc de peau. De longs poils glissaient sur son torse. Une chaîne en argent. Beau. Un peu hautain. Peut être coquin dans les carapaces de crabe (volatiles). Il me plaisait. Juste le regarder.

Il y avait un homme aussi. Beaucoup plus âgé. Ses regards sur moi. J'ai décodé assez facilement (il faut toujours avoir une radio pour les nuages, la pluie, les germes, la colère nouvelle). Il me regardait, et je le regardais.
Une révélation déjà ancienne : les hommes beaucoup plus âgés que moi me plaisent. Je crois même que j'aimerais les connaître plus, plus intimment. Je suis le duvet tardif d'un chat mauve, sans attache, incompétent, prophétique (seulement dans l'apnée) et je les veux, ces hommes noirs, ces hommes à la peau dure, des souvenirs de cale, je les veux.

Alors, oui j'ai repensé à Claudio, et j'espère que je ne le verrais plus jamais.

Tout semble tenir en électrique, en vision sereine, variantes.
Je tiens en électrique.
Et je les vois, ce ne sont déjà plus des hommes, mais des formes neuves, profondes, elles soulèvent la chair.

Je les vois.

C'était hier.

Aujourd'hui, les taons filent si vite, qu'il m'est désormais impossible de les
Toucher.

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Samedi 18 juillet 2009
Le moral est bon, très bon.

Demain, je pars dans le sud avec ma famille pour quinze jours. J'espère pouvoir en profiter et bosser mon mémoire en même temps.

J'ai revu mon prof de philo de terminale. J'ai discuté avec lui. Toujours aussi sympa (et beaugosse). Passer l'agrég'? Pourquoi pas...Je n'en sais rien. Il faudrait que je me décide assez vite tout de même.

J'ai revu mon garçon hétéro. C'est bien dommage. Il est si charmant, son sourire surtout. Parfois il a le regard gêné et je trouve cela beau.

J'ai envoyé un message à P. en étant chez le coiffeur. Il m'a répondu. On ne va pas se voir pendant quinze jours. On verra bien.
Je me sens comme apaisé. Moins serré de l'intérieur. C'est comme si ma confiance avait repris du poil de la bête (loup-garou!).

Certains complexes sautent, comme celui du sexe. Jamais je n'aurais pensé rencontrer un garçon et me jeter sur lui lors de notre deuxième rencontre. Je me surprends moi-même.

Je laisse faire les choses.

En si peu de temps, de si grands changements. Alors que je considérais d'avance cette année comme vide, il n'en est rien. Je fais toujours des erreurs, et je m'en veux beaucoup, mais j'avance peu à peu malgré tout.

En ce moment c'est le groupe Vast qui m'accompagne comme bande-son. Je change. Je ne suis plus le même, je prends plus de plaisir à discuter avec les autres, à me lâcher, à rire, faire l'idiot un peu.

Il me faut enlever cette grande coquille que j'avais si longtemps façonné avec le temps.

Je recherche dans l'écriture, période de méditation. Je ne peux pas écrire, pas maintenant. Il me faut laisser décanter.

Claudio? Oui j'y pense toujours. Mais plus comme avant. Plus avec l'ardeur des débuts. Il me semble avoir déjà traversé des espaces nouveaux, sans lui.

J'ai l'impression d'être dans un rêve.

Je ne touche plus terre, et le gentil goudron vient se frotter à moi. Au diable les ratés, Claudio et tout ce qui n'est plus et n'a jamais été!

Je suis un véloce canyon.



Les risées dévoilent
Ce qui ne sera jamais

Une catacombe

Meurtrière et garçon

Branchies branchies
La fraîche dentition d'un cambrioleur

Descend

Chuchotis

La grande cavale
Vert

La contrebande acculée
De
Ses regards

Vifs

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Mercredi 15 juillet 2009
Je pars en vacances dans quelques jours, avec ma famille. Le sud.

L'été balance des torpilles aveugles et je les reçois si peu ou avec un grand souffle.

Je pensais que l'année 2009 était morne, vide. Pas vraiment. Je ne sais pas trop ce qui a pu se passer en si peu de temps. Le laps pertinent (?).

J'ai vu ce garçon, je suis allé jusque dans sa ville. Je me suis senti étranger face à lui. Ses gestes, sa façon de penser, tout cela m'a étonné, et déçu, un peu, beaucoup, raviolis.
Je ne veux plus le revoir. Il m'a fait des menaces.
Je l'ai trouvé idiot.
Stupide.
Je me suis trouvé bête.

Mon père, et c'est rare d'en parler ici, mon père n'a jamais été aussi éloigné de moi. Cette fougère oubliée, est-ce moi? Je ne suis pas le fils qui convient.

Avant-hier nouveau rendez-vous avec un garçon de ma ville. Nous allons dans un café connu d'Arras. Il a du charme. On discute. Plus timide que moi. Beaucoup plus timide que moi. Je dois donc faire la conversation (!!).

Eclair jeune. Qu'est ce que les suçions sur mon crâne alerte?

Subalterne?

L'après-midi fut paisible. Beau sourire. Mais vraiment peu de choses à dire, rien d'essentiel.
Lendemain, dans un parc, que je connais bien, celui où je vais courir parfois, avec lui. Je lui prends la main. Il fait chaud. On s'embrasse. Il a la peau très douce, vraiment.

Canards ou disque lunaire?

On reste là. Les silences. On s'embrasse toujours. Quelques personnes passent. J'abandonne toute idée que des personnes connues peuvent me voir. Tant pis. Tant pis. Après tout. Deux filles viennent se reposer devant nous, elles semblent amusées de nous voir si proches, et elles sont au final plus gênées que nous.

Je pense à des créatures qui dorment sous l'eau, des frondes qui détruisent tout ce qui compte.

Au fil du temps. On s'embrasse plus fort. Déjà les mains choisissent les positions centrales, les bunkers se révèlent faibles, et tout ce qui compte c'est de se frotter l'un à l'autre, fort, très fort.

On part dans un café, et on se revoit le soir, vers 21h.

L'autre jour, j'ai revu ce garçon étrange. Si hétéro. Si broussailleux, une moitié de chat sauvage, un fragment de balle, un bataillon entier, un regard post-nucléaire.
J'aimerais croire qu'il préfère les garçons, mais il n'en est rien, je crois. J'ai gardé une photo de lui, sur mon ordinateur, il est si charmant. Une beauté simple, naturelle, un adjuvant de plus dans mes regards.

Nous sommes allés voir le feu d'artifice au soir. J'avais envie de dormir. Il ne me parlait pas. J'ai enfin compris qu'une personne quasi muette a le don d'ennuyer, mea culpa, cave canem de mes années lycée.

Quand je suis arrivé chez lui, il a ouvert la porte. J'ai déposé mon manteau. Je ne me souviens plus des mots qui ont été dit en l'espace de quinze secondes et demi. On a eu la même envie au même moment et on s'est embrassés.
A vrai dire les mots circulaient bien faiblement, ils faisaient profil bas, ou alors ils se moquaient un peu de nous, dissimulés dans une terre de Birmanie, de quelque pays un peu rouge aux joues.

A croire que l'unique intention était de se faire du bien.
La télé marchait avec son rayon de la mort qui développe même des ondes, toujours les mêmes, mais répétées franchement.

J'ai fini par lui enlever le t-shirt et j'ai enlevé ma chemise. Toujours cette peau douce, presque trop douce, trop offerte.
Après j'étais contre lui.

Réveil d'Ephèse. Nulle part ailleurs. L'ennui a pris sa place. Nous sommes donc repartis. Je n'avais plus envie. Pourtant quelques minutes auparavant (ou siècles de magasine, des corbeaux plâtrés) nous respirions si fort que cela m'amusait et m'excitait à la fois.

Il a fallu se quitter, je ne sais pas si je vais le revoir.

Mon père voyage d'une pièce à l'autre, mon frère dort sous les toits, ma mère nage à contre-sens, et je déambule sans les yeux ni le coeur.

L'écriture en douce, m'a bien regardé, grosse voyeuse, chaparde mes fils électriques, et note, déploie sur les bandes audio des gémissements, même pas râles, non des petits rires étouffés, des fractions de souffle grave, de la sueur qui jaillit, des liquides débordants, et elle fractionne encore mon corps.

Je la vois, perçois comme au tout premier jour.

Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Mardi 7 juillet 2009
Ce matin je me suis réveillé sans trop de nervosités.

Demain je vais rencontrer un garçon. Cette fois ci de manière tout à fait déçente.

Fou des écumes.

Je viens de contacter un nouveau garçon. Je me retrouve piégé. Lequel des deux? C'est bien la première fois que me voilà confronté à un choix de cette nature.

J'ai toujours envie de revoir mon homme des moments furtifs. J'en garde des souvenirs frissonnants.

Demain je vais voir ce garçon.

Ce matin je suis allé à la bibliothèque. Pas de Claudio, rien. Dommage, j'aurais aimé le voir une dernière fois avant les vacances, avant, avant de ne plus le revoir du tout peut-être.

Je suis allé au concert de Coldplay. Il faisait très chaud. Beaucoup de monde. De jolis garçons. Mon frère me croit hétéro, de mieux en mieux. Je fais si hétéro que ça?

Demain je vais voir ce garçon, je ne sais pas ce qu'il en retournera. A croire qu'au moment où je cherchais le plus l'amour, j'aspire plutôt à revoir cet homme à la pilosité importante.

J'ai revu l'ami de mon frère. Il m'énerve car parfois il pourrait être homo. Je ne sais pas. Il me regarde rarement dans les yeux, ou alors discrètement. Il semble toujours gêné. Il est très beau.

J'ai encore fantasmé sur un ami de mon père. Grand, un sourire ravageur, musclé. J'ai eu l'occasion de le voir torse nu, et je ne pensais pas qu'il était si poilu. Des poils sur le haut du torse, un ventre plat et musculeux, juste assez. Je n'ai pu m'empêcher de lui jeter des coups d'oeil.
Parfois il me regarde d'une manière trop étrange pour être innocente. Je suis persuadé qu'il a déjà essayé avec un homme, j'en suis quasimment sûr.
J'ai déjà surpris son regard sur mes jambes nues alors que je rentrais de footing et vers mon entre-jambe.

Je n'écris pas.

J'ai l'impression de changer sans pouvoir rien n'y faire. Lorsque j'écris sur ce blog j'ai l'impression d'être différent.

Le soir, couché dans mon lit, je rêvasse, je bouquine un peu, reste étendu, le souffle tiède, et j'enregistre sur une bande sonore les sons de la nuit.

Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Mardi 30 juin 2009
Aveus, détournement, plaisirs.

Il faut me rendre à l'évidence, mon sujet si sérieux de Master fait un peu mauvaise figure. Il est beau, mais reste un étage en dessous.

J'ai dit à Pierre que j'allais mal, que je voulais prendre des médicaments. Il a eu l'air surpris. Il m'a demandé la raison du mal-être. Je n'ai pas pu lui expliquer. Pas vraiment la vérité.

Des atomes jeunes sous nos épaules.

Puis, hier soir, en voiture, je lui ai dit que finalement je ne prendrai pas de ces médicaments qui vous font perdre toute lucidité. J'ai besoin de voir, de discerner, toujours.

Il faisait un temps chaud hier, cuirassée, lourd, défiant. Pourtant j'étais là. Devant un bois que je connais au fond assez mal. C'est celui de mon enfance, vieux souvenirs boisés, mais pas hantés.

Problème j'arrive trop tôt. Je sors et fais semblant de me promener. Je croise un homme qui me regarde en passant. Il a l'air de déambuler étrangement, revient, repart. Je le croise une deuxième fois. Cette fois ci je baisse les yeux.

La chaleur oppose les roulis à la sueur, dans mon coeur.
(facile...trop facile...)

Je finis par rentrer dans l'auto. Il me regarde encore un peu. Puis mon portable sonne, c'est lui. Je lui dis qu'il y'a trop de monde sur le parking.

Il se gare, et vient directemment frapper à ma vitre. On se dit bonjour en souriant. Il décide de m'emmener plus loin. Je monte donc dans sa voiture.

Quand j'y repense, ma mort factice mais bien réelle, m'a touché. Plus que je ne me l'imaginais. Je ne suis pas encore un atèle dans les accents circonflexes, ronds, et lisses.

Ce soir, je vais voir Julien. Il sera encore attirant. Si beau. Mon frère est à cent lieues de penser que je désire son meilleur ami.

Une fois arrivé sur une place perdue, en pleine campagne, on s'embrasse et se caresse. J'ai l'impression qu'il cherche à me dévorer, tant il mord mon oreille.
Cela dure plus longtemps que la première rencontre. Je suis plus excité. Je prends plus de plaisir. Pourtant tout reste si au dessus des éléments, de l'eau, des permissions, des mains folles. Sa bouche semble pouvoir tout avaler.

L'air est sec. Un canif semblable aux autres jours.

Je suis toujours en contact avec un mec. Il veut me rencontrer, il dit avoir des sentiments. Je suis un peu perdu. Je n'ose pas lui raconter mes rencontres avec un homme.

Le processus d'écriture n'a pas lieu. Je crois deviner, il viendra mais beaucoup plus tard.

Ce "plus tard" englobe des aspérités en fait bien connues. Claudio, par exemple. Il me suffirait d'un rien, pour que je retrace de la main ses yeux bleus, sa barbe naissante, son front dur, sa voix qui oscille entre grave mal assuré, paupières fermées.

Je suis toujours debout, malgré tout. Je resterai debout toujours.


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Samedi 27 juin 2009
Hier ce fut une journée rude. Sans aucune raison apparente. Actes inexpliqués. Absurdes. Hier j'ai revu Claudio aussi sans le voir, ni le vouloir même, non au contraire.

Bien au contraire je suis allé rendre des bouquins et en prendre de nouveaux. Une anthologie de poésie espagnole, des contes hispano-américains, un bouquin et un ouvrage sur la Bible. J'en ai besoin. J'ai vagabondé silencieusement dans une atmosphère brumeuse d'été.

La bibliothèque presque entièrement vide. Quelques étudiants, à peine. Je suis allé m'installer en bas, sur une table de quatre, pas loin d'un étrange personnage. Le genre de garçon rivé à son livre, comme avalé par les pages, immobile, sans sourire, ni mimique. J'ai lu. J'avais un peu chaud. J'ai entendu des gens derrière. Un temps. Un instant. Puis ils sont passés et par réflexe j'ai regardé. C'était eux. C'était lui. C'était Claudio. Je n'ai même pas regardé, à peine, je n'avais plus envie.

Hier je n'avais plus envie. J'ai renoué avec un garçon sur Msn. On a rigolé, on a allumé la cam pour discuter. Je m'entends bien finalement avec lui. Il me trouve beau. Je trouve ça idiot.

Hier je n'avais plus envie. Je cherchais une ombre dans l'immense dépotoir. Une fresque glissante pour m'y mouvoir plus à l'aise, comme dans l'eau, barbotter à la surface, avec des pissenlits.

Je pense que je vais voir mon médecin pour qu'il me prescrive quelque chose, je ne sais pas, des petites gélules qui font que ça va mieux.

Je crains la solitude maintenant. Pas la solitude inerte, non, celle où l'on se retrouve seul avec ses idées rampantes, serpentaires malins, brusques.
Que ferais-je face à eux?

Hier dans l'auto, en conduisant mon frère, je lui ai dis que j'étais préocuppé, par des soucis autre que mon Master, mon Capes, et je n'ai pas réussi à en dire plus. Je ne veux pas lui donner trop de souci, il passe son permis la semaine prochaine.

J'ai trouvé Des plumes dans la tête de Sylvain Chauveau et j'aime bien. Parfait pour écrire. Rien de bien joyeux. C'est seul, c'est ondulant, c'est si fragile, ces notes de piano qui volent à peine au dessus du sol.

Maintenant, je sais que je vais devoir encore trouver de la force, j'en ai, pour continuer, pour vaincre le serpent blanc qui vient me détourner, chaque jour avec toujours plus d'entêtement.

Je ne le laisserai pas venir.

Hier la pluie est tombée, folle, ahurie peut être même d'être là partout, sur les herbes, riant dans les trottoirs, un peu éméchée, probablement.

Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Mercredi 24 juin 2009
Je ne sais pas d'où je reviens.

C'était hier, je crois. J'ai failli mourir. Mourir. Idiotement. Aucune connerie de ma part, non. Une asphyxie rapide. J'ai eu peur de mourir, vraiment.

J'ai cru que j'allais mourir, asphyxié. C'était en gros la fin, pendant des secondes interminables. Toute cette connerie de vie, d'échecs, de boules blanches, tout ça, fini. Il m'a semblé que j'ai supplié. Mais j'étais seul. Absolumment seul. Tout seul, j'ai failli mourir.

Je crois avoir songé "ben voilà tu voulais crever, ben voilà tu l'as ta mort, aussi stupide, stupide, soit-elle". Oui, j'allais crever. J'ai su que j'allais mourir. Etouffé. Loin. Dehors en plein champ. Trop loin des maisons. Ne pouvant crier pour que l'on m'aide.

J'ai su retrouver le souffle miraculeusement. Je ne sais pas comment.

Dans les oreilles, j'écoutais un morceau dont les paroles peuvent se traduire par "je ne suis pas mort, il n'y a pas de fin". Quelle ironie. Quelle mortelle ironie.

Non mais j'étais en train de crever. Dénué. Et je ne suis pas mort. Non, pas mort. Vivant. Pourquoi? Pourquoi ne me suis je pas effondré?

Est-ce cela le hasard?

Quelle étrange sensation de ressentir et dans l'heure précédente être à deux doigts de terminer.

Je me sens stupide.

Je ne sais pas à quoi je sers au fond. Je ne voulais pas mourir alors j'ai couru sans souffle. Pour vivre.

Je ne veux pas revivre cela, du moins pas de cette manière. Leur connerie de bien être près de la mort, c'est n'importe quoi. J'avais mal, j'étouffais, j'aurais pu pleurer.

Il faisait si beau en plus.

Je suis un placide désequilibré.

Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Lundi 22 juin 2009
Je profite de la fraîcheur du jour.

C'était la fin pour mes jeunes élèves. J'ai décidé de jouer un peu avec Eymeric. On a fait un pendu. Mais un pendu sur ces cours d'histoire. On a bien rigolé.

Je vois mon jeune de première mercredi pour un petit debriefing sur son bac français.

J'ai repris contact avec une ancienne amie.

Bien cru faire mon Coming-out à mon petit frère. Mais, j'ai été un peu lâche...pourtant il m'a lâché une grosse confidence sur l'une de ses coucheries.
J'aurais bien voulu lui dire, que moi, les filles ça me faisait pas grand chose. Je préfère également garder pour moi ce que je pense de certains hommes, de mes fantasmes etc

J'écris de manière assez négligée. Rien de régulier, rien de précis. Juste une détente. Un peu souillon, brouillon.

J'ai accepté de voir un homme se masturber via la webcam, comme ça, par amusement et excitation. D'ici à ce que j'aille le rejoindre pour plus de réel, il n'y a qu'un pas.
Je ne sais pas trop ce qui advient de cela, mais j'en retire un plaisir incroyable. Et au fond, ça ne me dérange plus tant que ça.

Ma guitare m'a accompagné ces derniers jours. En instrumental et aujourd'hui via des petits morceaux. Genre des accords plaqués sur des textes de Placebo, Xiu Xiu. Je me suis enregistré et j'ai apprécié modifier ma voix, pour rire. C'est amusant, ça détend.

Ce matin en courrant, j'ai ressenti des odeurs. De vraies odeurs de terre, de fumée lointaine, de fleurs jeunes. C'était bon. C'était hier également, je croise une fois un homme, je lui dis bonjour. Puis, je le croise à nouveau et il me fait un sourire très long....cela m'a surpris et gêné.
C'était un beau sourire mais à la durée suspecte. Dommage de ne pas lui avoir renvoyé ce beau sourire, il était assez charmant, la peau mate, un grand brun. Qui sait, je le croiserais peut être encore...

Maintenant, les heures m'aspergent de leur liquide doux.

J'avale des groseilles, et j'étend les bras, dans un champ surélevé, encore plus haut, famine douce.

Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Vendredi 19 juin 2009
Bonne nuit de sommeil depuis un bon moment.

Gaëlle retombe dans sa déprime généralisée. On ne va plus la revoir. L'anniversaire fut assez bien. Je dirais que la langueur verte est venue nous atteindre.

L'été s'installe avec ses coudes, nonchalants. Tout change.

Exit les aventures de Msn avec ce garçon décidément bien compliqué (il a affaire à un garçon-bambou tout aussi irréel).

J'ai discuté avec Dorothée. J'étais à la fac. J'ai pris encore des bouquins, sur le désenchentement du monde, et un livre pris presque au hasard. J'aime dénicher des livres. Des compères qui poussent sur une peau lisse. Je les attrape, les touche, et feuillette avant de les engloutir dans mon sac.

Installé sur un banc, en plein soleil tappant, avec une canette, presque débrayé dans mes manières. Dorothée est venue me parler de son oral. Je lui ai parlé. Ma voix ensommeillée toujours. J'étais seul au soleil. Net et sans rature déviante. Neuf mais propre. Ou mal fagotté. Ou dans un précipice nouveau.
Dorothée m'a demandé du feu. Pas de feu, non aucun feu, je ne fume pas.

J'ai aperçu tout à l'heure un jeune couple dans l'herbe. La fille sur le garçon. Il y avait aussi ce jeune garçon, grand, avec une cigarette. Mince. Effilé. Framboise. Sec. Ses yeux de brindilles. J'ai eu envie de lui. De quelque chose, encore.

Dorothée m'a donc parlé. Bas. Je l'ai écouté, bas. Et le soleil tirait sur les nuages, à vue. Excellente position pour cibler. Dorothée je l'aime bien. On discute. A aucun moment ou presque je n'ai pensé à Claudio. Pourtant son ami était là. Comme livide ou jeune dans sa mélancolie. Anormale? Juste le temps de prendre les bouquins, et de retourner m'asseoir plus loin, en bas.

Quelques gouttes de sueur rivalisaient le long de ma nuque, alors je suis sorti.

J'avais besoin de me mouiller. De prendre l'eau. La forte odeur d'urine m'a dégoûté et a rajouté à l'étrange sensation. Envie de me débarbouiller. Le visage. Les lèvres. Les mains.

Dorothée parlait et je ne l'écoutais plus trop.

Lorsque ma mère est partie, je me suis regardé dans la glace. J'ai laissé quelques épis de barbe pousser, des vers, non, des pénibles enfants sur mon visage. J'ai pensé relever mon pantalon pour laisser apparaître mes jambes un peu plus velues.
Puis j'ai renoncé.
Quelle forme alerte m'a saisit? Pétunia.

J'ai hésité entre la chemise ou un t-shirt. J'ai finalement opté pour le t-shirt. Déjà je recevais trois textos du monsieur. Prendre l'auto et se rejoindre au parking du MacDo.

L'ami de Claudio avait changé. Dans ma tête? Sans ses traits de petit vautour. A quatre pattes. Non. Il était là, triste ou las. Sa beauté non recrée avait du charme. Il est devenu invisible un instant. Paupières. Moisson fraîche. J'aurais pu dégainer ma question unique, récréative : mais où est Claudio?

Dorothée ne me lâchait pas. Elle a voulu aller prendre un repas à deux. Refus. Pas envie.

Quand je suis arrivé, j'étais différent. Pas vraiment. Noué mais suspect. Prendre de l'eau. Mes mains. Personne, seulement deux filles.

Il fallait bien dépenser son énergie.

Je suis arrivé au parking. Je l'ai vu. Il était là. J'ai pris mon portable pour lui confirmer ma venue. J'ai alors décidé de le rejoindre directement.
Voiture agréable. Premier contact.
Il me sourit, semble en nage. Pas vraiment. Beaucoup plus âgé que moi. Je suis moyennement excité. Un peu. On parle. Il me reconnaît. Oui, c'est moi, sur le site...

Ce soir, en rentrant, je n'ai rien vu de particulier, ni même d'étranger dans le soleil craquelant. D'habitude l'haleine du jour vient se poser sur moi.

J'ai laissé Dorothée s'éloigner. Ou je suis parti. J'ai croisé un garçon en chemise blanche, le teint mat, très fort. Mes yeux ont vrillé. Il s'en est rendu compte.

Cette sueur.

J'ai décidé de lui indiquer un chemin. Un lieu tranquile. Cela m'a excité. Pendant qu'il me caressait l'entrejambe, je faisais de même, avec un plaisir lointain.

Il fallait trouver un coin isolé.

Il faisait chaud. La brume était inerte. Le voyage court. Sa chemise bleue. Son accent prononcé. J'ai eu l'idée de l'endroit. Un parc.

Pas de Claudio. Qui est-il vraiment? Une peinture dominante courbée, volatile. Ventilateur sommaire.

Peu de conversation de ma part. On croise un promeneur. On finit par se caresser, s'embrasser, plus vite, et plus fort. Je commence à apprécier.

J'ai pris de l'eau et me suis regardé dans la glace. Stupide.

Dorothée m'a parlé mais ses bruits faisaient de la grêle.

Il m'a embrassé, m'a caressé. Je l'ai embrassé dans le cou. J'ai ouvert sa chemise. Quelques poils. Une chaîne, une croix. Alors ma langue a fourché sur ses bois noirs et gris.

La chaleur et le tiède des pressentiments.

Claudio a disparu dans un mont de neige vécu.

Cet homme a pataugé pour se défaire de mes griffes. Il répétait sans cesse "Juju c'est bon". Dans un autre contexte j'aurais trouvé cela comique. Le lierre dévore toujours les tiges voisines.

J'ai éprouvé du plaisir. L'amener. L'aguicher un peu, voir beaucoup. Se caresser. Me soustraire un instant à son désir. Organe chaud, foncé, illisible dans mes péntitences, très chaud, battant de poussière, de listes non retenues.

Une fois terminé il m'a raccompagné. On a un peu discuté.

J'ai aidé Eyemeric en maths. Il n'a pas besoin de moi. Je suis un poids inconstant. J'ai bu le diabolo. Quelques gâteaux. Révision du vocabulaire anglais.
J'ai regardé son agenda. Il avait l'air joyeux et un peu paresseux.

J'ai planté Dorothée un peu.

L'ami de Claudio a le regard un peu triste, juste faiblissant, peut être. Le siège vide. L'épine dorsale atteinte.

Son énorme organe transpirant, chuchotant. Je ne discernais plus la nuque. Nous étions un peu surélevés, assez bien cachés, malgré nos gémissements. Je n'aime pas gémir, je préfère respirer bruyamment dans la fausse perte des migraines rapides.
Il m'a demandé ensuite de quelles originnes je venais. Un peu raconté. Juste le nécessaire, le brut. Il m'a déposé au parking. Il m'a parlé de ses attirances pour les jeunes garçons. Mes attirances pour les hommes plus âgés.

L'autre jour j'ai joué de la guitare. J'ai essayé de chanter. J'ai rêvé d'un garçon, en t-shirt blanc.

J'avais encore le goût dans la bouche de sa propre salive. Je devais faire passer cette impression dans le lavabo. Eau fraîche. Mains à laver.

Ses yeux sont bleus, chemise bleue. Il est reparti dans sa voiture. Pressé. Rapide.

Tout à l'heure m'excitant seul dans une rêverie brumeuse, de coquelicots terrassés par les bombes, j'entendais encore sa voix rauque, pâle, me demandant de le sucer.

Je ne suis pas très bon en maths, mais je peux aider pour calculer le volume d'un cube.

Claudio est mort.

Je rentre et je regarde le jour défiler.

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Mercredi 17 juin 2009

U

Cette année est décidément bien étrange.

Tout semble m'échapper peu à peu. Pourtant, je saisis quelques diamants vifs dans ma bouche, pour les jours consécutifs.

J'ai revu JB. Encore un après-midi agréable.

Gaëlle va me quitter. Une amie proche, elle part s'installer à Paris l'année prochaine, à la rentrée. C'est un changement dans notre cercle.
Que va-t-il se passer?

Hier je me baladais encore à la BU très loin de Claudio. Je suis arrivé en même temps que lui. Heureusement j'étais décontracté, car je ne l'ai pas vu dès le début.
Il était avec une amie.

Une fille est venue discuter avec moi.

Partage sans règne des lamproies.

J'ai observé quelques garçons et je suis parti ensuite.

Demain ou après-demain je vais rencontrer quelqu'un rencontré sur le net. Je ne sais pas trop ce qui va se passer. On verra.
Il me semble que quelques glaïeuls errent dans mon cerveau.
C'est un homme.

Je ne peux pas écrire pour l'instant. Certains choses sont enceintes. Des menaces, des bruits, des chuchotements involontaires, des fausses citrouilles, je dois être prudent...dans le même temps je m'expose, silencieusement, au clair d'une lune aphone, spongieuse.

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  • : 02/06/1985
  • : Arras
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