Vendredi 15 mai 2009
Pas d'électron. Pas d'hématome.

Le ciel est comme creux, sans arche, il baigne dans un liquide visqueux : une couche blanchâtre, amère. Et le garçon avec acouphène trébuche.

Réveil moite. Pas envie de se lever. Des bûches faussement tendres, un revers. Recalé au concours. Ma mère me rassure, gentil, je vais mieux, je laisse guider mes bras sur une langue immense.

Rêve de la nuit : je visionne un film de science-fiction avec mon frère. On se trouve dans un bâtiment volant, on peut voir le paysage. C'est la guerre. On vole au dessus de l'eau, on y voit des étranges bateaux carrés, avec de grandes fenêtres. On se bat contre une entité. Je vois un poignard qui va ouvrir le crâne. Je m'en vais.

Je suis dans une ville en plein été. Des collines. Il fait chaud. Des ruelles qui me sont familières dans mon rêve. On part. En voyage, beaucoup de monde. Dans un aéroport. Un immense aéroport. Ma meilleure amie d'enfance est là.Il faut partir. Il faut acheter à manger.

Rêve incohérent. Avant hier je rêvais d'être poursuivi. Des soldats, des guerilleros. J'étais sur une plage. J'embrassais Julien. On se faisait huer et battre.

C'est le retour des épineux, de ces rêves chargés. J'aime ces rêves qui déboulent et ravivent l'imaginaire.

Violet pour les pluies acides au dessus de tes flancs. Violet, crochu, imberbe, gémissant.
Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Jeudi 14 mai 2009
Réveil difficile. Couché bien trop tard. Beaucoup trop tard.

Agréable soirée avec Fanny et la bande. Un billard, puis deux, pour commencer. Je fantasme sur le serveur, un brun avec des yeux bleus. Fanny ne comprend pas comment je peux le trouver beau, elle trouve moche comme pas possible. Pourtant, il est craquant, il a son style, et cette petite barbe qui pique sûrement qui fait tout. Des boules jaunes et rouges. Des queues de billards. Le temps passe. On rit. J'oublie un peu.

On finit la soirée dans un autre bar. Un très connu dans la ville. Le seul. Non. La musique est plus forte, on s'installe, on rit, je me détends encore plus. Pas de garçons à regarder. Seuls deux hommes qui discutent entre deux de l'autre côté. La musique est un peu forte. Etrange sensation d'entendre "Every You Every Me", comme une forte déchirure temporelle direction les années lycées. Bien sûr en vrac, des soirées aphones, ma meilleure amie, mes premiers troubles. C'est passé vite. Impersonnel. Rapide. Beaucoup trop nerveux. Entendu. Ma caboche. Parti. Disparu. Les quelques faisceaux sur nos corps. Rouge. Main bleue. Boisson verte.

Il est tard. On repart. Je reprends ma voiture. Le dernier album de Menomena que j'avais négligé. Réecouté dans la nuit. Beau. Pas mal.

Je rentre. Impossible de dormir. Je vais sur quelques sites. J'écoute Porcupine Tree. Je me laisse aller.

Ce matin. Temps trop moite. Transpiration. Des pissenlits. J'ai rendez-vous à 17h. Demain ces foutus résultats.

Je remarque qu'un homme m'a ajouté dans ses contacts sur un site de rencontres. C'est bien gentil mais il habite le sud. Il est beau. Costaud. Barbu.

Voilà une chanson de Vast "Free", un clip. L'album Music For People est pas mal, très différent du premier. "Free" est un single, ça s'entend. Par contre pourquoi cette horrible veste pour le chanteur?

Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Mercredi 13 mai 2009
Jour blanc.

Epaule léthargique. Poussière de roseau sans tête. Des personnes qui me sourient, me parlent, rigolent. Je souris, parle et rigole avec eux, mais derrière ma moue joyeuse se cache une mare téléportée, vaine.

Parfois ce sont ces jours en dehors de toute réalité, des cotons imbibés de vase.

Cette nuit. Un rêve bleu, beau. Me lever, voir la pluie livrer ses oeufs sans broncher. Bosser. Ne pas sortir.

Hier ma mère m'a parlé de l'un de ses petits copains de lycée. Qu'attendait-elle de cette confidence? Un retour de ma part. Impossible.

Parfois, dans mon lit, j'ai du mal à m'endormir et je rêvasse. L'oreiller sans cesse déplacé, je vois une soucoupe volante qui descend, dans les rayures oranges de ma fenêtre, m'installer. Je quitte le sol. L'air devient chaud, les peupliers se balançent sur des fragments de ronces douces, ma fracture est proche.

Ces instants.

Et si j'observe ce monde grouillant tout le jour, je suis un animal pataugeant.

Mes amis s'en vont. Tout disparaît. Mon père vient de perdre un ami. Elle traque. Je ne vois que le pollen sur leurs carapaces rouges, viennent, repartent, encore, envieuses, électriques.

Plus rien n'existe autour. Seuls des mots qui vadrouillent, des gamins, des bleuets informes et sans nom, viennent m'embraser.

Me renversent, encore.

Me touchent sans connaître mon âge.

Le sourire d'un garçon, dans son immobilité aquatique. Du souffre de nénuphar.

Jour blanc. Peur temporaire. Descente calme/
Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Mardi 12 mai 2009
Passé l'habituel petit coup de déprime, je reprends mes esprits.

Nouveau temps de pluie. Qu'il est loin le soleil du sud, ce gros soleil, si facétieux, si ardent. Bon. La pluie fait son retour.
Je continue de bosser sur mon Master, avec pics et chutes, je suis assez sérieux.

Une amie de mes parents m'a engagé comme "aide aux devoirs" à son jeune garçon. Il est en 6ème. Je dois l'aider en anglais et espagnol. Je me réjouis de le rencontrer. Ca n'est pas un enfant "facile", il est "paresseux" selon les dires de la maman. A voir donc.
Demain, autre rendez-vous avec mon jeune de première. Le bac français approche et il doit absolument réviser.

J'ai un cahier. Je le regarde. Des formes de désirs d'écriture très violent me submergent, comme des pulsions. Je n'ai encore rien écrit, mais je sens que dans quelques jours ça va se décider. La ferme idée de créer un véritable projet, cette fois ci, car je ne compte plus le nombre de projets avortés qui ont terminés en poème autonome. J'en suis capable.

Jamais je ne pourrais me détacher de Claudio. Ce matin, toujours avec l'appréhension de le croiser dans ce fameux escalier, qui donne sur toute la BU! Quel mauvais sort pour un timide pour moi! On arrive et on est vus de tous! Parfois je trouve cela ridicule. J'arrive, me pose dans un coin, avec mon bouquin,, et un crayon. De là où je suis aucun signe du garçon (pourquoi continuer à espérer? oui pourquoi?).

Et une fois! Une seule fois! Il passe avant que je m'en rende compte et jette un oeil rapide dans ma direction! Mais c'est pas possible! Qu'il arrête de me faire de faux espoirs! Qu'il arrête de continuer à me regarder comme ça! Même si je pense qu'il n'a pas fais exprès de venir pas loin de moi, quand même...il ne va jamais de ce côté là! C'était aussi la première fois depuis un moment que je ne l'avais pas vu!
Qu'il arrête de me regarder!
J'essaie de l'oublier, et cet idiot continue de me regarder. Bon, je suis sûr qu'il en avait rien à faire et il a regardé vers moi à ce moment là, c'est tout.

La semaine dernière j'ai discuté avec un homme sur le net. Il avait l'air gentil mais cherchait du sexe. Il habite dans la même ville que moi. Pendant un instant j'ai eu envie de le rencontrer! Je ne sais pas trop ce qui me prend parfois. Il a l'air pourtant très charmant, assez viril dans son genre. Passons.

J'avais d'autres choses à dire, mais j'ai oublié.

Voici un sketch de Muriel Robin (que j'aime beaucoup) "la blague" et je peux le regarder en boucle, ça me fait toujours rire.

Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Dimanche 10 mai 2009
Je sens que tout redevient aussi sombre qu'avant.

Terré chez moi à bosser, à rester dans une inactivité qui me bousille. Rien. Un repas de famille sans prétention, et déjà des remarques sur les "gays" qui fusent. J'aimerais disparaître. Ne pas entendre leur petite homophobie stupide, même ma mère s'y met. Ils ne comprennent rien. Personne ne me connaît. Je voudrais leur dire qu'à table, je suis là, je suis homo aussi et pour autant je ne ressemble pas aux homos de la télé.

Prendre sur soi.

J'ai acheté un cahier dans lequel mes pensées les plus noires vont pouvoir s'étancher sans cesse.

Une ortie pour aujourd'hui.

J'ai vraiment l'impression d'être seul dans mon monde. Il me faut oublier un peu ce qui se passe autour, leurs voix, les gens, leurs regards. Cette sensation d'être dévisagé, regardé, inspecté. Un regain de timidité agrémenté d'un peu de phobie sociale, et c'est reparti pour un tour : ne pas aimer se balader dans la rue, car je peux être vu de tous. Je deviens grave.

Parfois, je voudrais ne plus penser, ne plus ressentir cette ortie noire qui vient me caresser le visage le soir.

Et il me faut maintenant me confronter à ces garçons que je croise sans cesse tous les jours, partout, dans les rues, les magasins, dans mes rêves lactés. Ils sont si beaux. Si séduisants. Quand je les vois, je voudrais simplement qu'ils me regardent, juste une fois. Je ne veux plus approcher de garçon maintenant.

Ne pas penser. Ne plus penser.

Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Dimanche 10 mai 2009
Jamais la sensation n'avait atteint un tel point.

Je courais. Et des détails, ces détails sont venus me chatouiller. Le balancement léger du vent, un vent timide, qui ose à peine se déployer, et cet étrange bruit animal. Une poule ou un coq. Deux fois en passant, je les ai entendus. Je ne sais pas pourquoi ce mouvement. Un chat noir avec du sang m'a regardé passer. Cette fois-ci le corps n'était pas en adéquation avec l'esprit, j'avais quelques difficultés, le souffle un peu court, l'air chaud. Rien de vraiment apaisant.

Hier ou avant-hier de nouvelles images me sont apparues. Impossible de discerner, de poser un regard neutre et rigide. Elles étaient dans l'air, dans les meubles, les gouttes d'eau éteintes. Il est encore tôt pour écrire, pour transcrire ces flux nouveaux. Mais ils sont là. Je ne suis plus stérile. Ils sont là, derrière, cachés, prêt à lacérer, ce sont des abeilles sauvages et noires.

J'ai atteint un stade presque létal, confiné. Le dijoncteur dans la glace. La framboise sur mon torse roule et tente de s'accrocher, elle échoue.

Laurent disparaît peu à peu de mon esprit. Il devient un javelot sans tête ni prise. A éloigner. Le sang violet devance.

Les matières semblent ressusciter, reconquérir, ce sont des hyènes qui rôdent, sans se mouvoir, leurs cris, elles viennent pour aspirer.

J'ai envie de rejoindre la mer. Des hommes bleus sans sexe me regardent. Je pensais être atteint du complexe du charbon, pas de rouille ni baiser. Maintenant.

Il faudrait appeler les chiens de la côte, les voir silloner la plage sans gencive, des cuirasses.

Jamais la sensation n'avait atteint un tel point.
Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Jeudi 7 mai 2009
L'articulation déborde sur le rouge. Et le jeûne semble bien plus long que prévu. Une rosée sourde dans la moiteur. Ton calme, reste au calme.
Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Scribe
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Mercredi 6 mai 2009
Chère peau morte

Cela devait arriver. A force de divagations. Mon jeu favori. Mon terrain vague. L'atrophie. Le procédé de séquences est en marche, il détourne, j'en veux. Des fusibles sous l'épaule. Maintenant, personne ne peut plus m'atteindre ni même me toucher, je suis devenu incolore.

Et le briquet perdure, il est juste inconstant, factice, facile. Une poignée. Pâle. Je veux retourner à l'endroit approprié pour grandir des salves. Impossible.

J'ai insisté pour éteindre les piétons qui me tenaient autour. Maintenant plus personne ne peut prétendre me détourner. Chaque vaisseau sanguin paisible.

Chère peau morte

J'en oublie le garçon sans nuage, la sueur, la sineuse profanation, des parieurs.

Maintenant, rien n'est sûr. Un dauphin immobile dans mon sommeil énonce des paroles injustifiées "des pénuries importantes, remédier, bien souvent, plume de squale".

Mais je veux fusiller.

Le jour griffon et la persistence de l'urine.

Maintenant, des buvards noirs m'arrachent les poumons.
Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Mardi 5 mai 2009
Hier je suis allé courir plus loin que d'habitude. D'une certaine manière je rôde toujours dans les environs de mon quartier, mais en rallongeant le trajet. Hier ce fut donc l'imprévu. J'ai décidé de rompre avec mon sempiternel trajet qui consiste en un pâté de maison habituel (pléonasme dans cette phrase) pour prendre un chemin à l'envers avec escaliers en bonus.
Prendre des escaliers en ascension c'est vraiment quelque chose. Je m'en souviendrais. Ensuite ce fut roseaux, herbes et quelques arbres et surtout beaucoup d'insectes.
J'ai transpiré.

Au détour d'un chemin j'ai croisé un jeune couple qui s'embrassait. Je leur ai dit bonjour un peu gêné. J'imagine qu'ils ont été dérangé dans leurs caresses et autres.

J'ai vraiment bien couru et je crois que ça va faire bientôt un an que j'ai décidé de courir. Et à tous ceux qui me disent que je suis "mou" et bien j'aimerais bien les voir tenir aussi longtemps une épreuve de la sorte. Car je ne suis pas un sportif de naissance et jamais je n'aurais imaginé faire le tour du pâté de maison en courant. Et pourtant, maintenant je le fais sans aucun problème.

Je fais des étirements. Après je me sens bien....

Mes prochains projets seront de faire des tours gigantesques combinants tous les mini-parcours que je fais quotidiennement (ou presque).

Hier encore je suis allé voir ma directrice de recherche pour mon Master. On a discuté. Elle m'a en somme remotivé. Je compte bien fournir un bon travail.
Je suis retourné à la bibliothèque, cette fameuse BU avec l'appréhension d'y voir C. Bon, je vais rompre ici son anonymat, peu de chances en somme qu'il tombe sur mon blog. Peut être en étant sur Et Alors, encore faut-il qu'il soit sur ce forum. Donc ce fameux C. ou Claudio était peut être là quand j'y suis allé. A vrai dire, j'ai trouvé une place loin de lui et de dos, de sorte à ne pas le voir. Evitement.
C'est idiot de penser toujours à lui vu qu'à ses yeux je ne vaux pas grand chose. Qu'importe. Ca passera.

D'autres garçons en ce moment ne font pas sonner mes alouettes (sens???). Pas de garçon-dans-les-couloirs. Je reste connecté sur les sites de rencontre. Des garçons de ma ville sont connectés mais je ne les ai jamais vu. Quelques uns sont vraiment très mignons. Je ne sais pas où tout cela peut mener.

Il est tout à fait possible que je tombe demain devant un charmant garçon...à ce titre d'ailleurs j'ai eu un bref flash sur un garçon en sortant de mon entretien avec ma directrice. Pas mal. Châtain. Habillé d'une chemise sous un pull bleu (comme moi) et un léger sourire. Je lui ai ouvert les portes pour le laisser passer. Peu de chances qu'il soit homo même si son premier regard avait quelque chose de malicieux, voir coquin.
Une rencontre fugace donc...

Je viens juste de découvrir le nouveau projet de Steven Wilson, chanteur du groupe Porcupine Tree (qui est son groupe en fait) appelé Insurgentes et je trouve ça très très bon. Bien différent de la dernière mouture de Porcupine Tree.
Une forme d'habile mélange de ses nombreux projets. Je trouve ça génial. Difficile pourtant d'y prêter une attention précise vu le nombre de groupes que je découvre en ce moment, ça se bataille au portillon.


On sent vraiment que Steven Wilson prend plaisir à faire sa musique. C'est moins contraint que Porcupine Tree. Les deux derniers albums étant à mes yeux un peu moins bons que les précédents. Puis je fonds aussi pour son côté pop du projet Blackfield ou sombres comme dans certains morceaux de Stupid Dream...Ici, Insurgentes est plutôt bon dans ce mélange des registres sans être grossier, en même temps c'est Steven Wilson quand même!

Voilà maintenant trois semaines que je n'ai pas écrit un seul poème. Normal? Oui, car après mes besoins frénétiques il semble que je sois en veilleuse pour un petit moment. C'est étrange, j'ai toujours l'impression d'être privé de l'un de mes membres.

J'ai envie de rejouer sérieusement de la guitare. Je suis assez faible techniquement mais mes essais en matière ne sont pas vains non plus. Le défi de réussir à faire "H" de Tool n'a pas été atteint et j'ai mis une journée avant de trouver exactement le rythme et les effets qui sont excellents.
J'espère pouvoir créer une vraie chanson, plutôt un morceau. C'est cette envie d'expression qui jaillit sous pleins de formes.
L'écriture étant un peu en pause, j'ai bien envie de tenter la guitare pour exprimer tout ce que je peux ressentir.

A l'instant "Only Child" résonne dans mes oreilles et à aucun moment je ne ressens de l'ennui à l'écoute de Insurgentes. C'est comme si je connaissais l'univers de Porcupine Tree en étant dérouté. Bel album solo. Le premier d'ailleurs sous son nom, même si Porcupine Tree sonne comme le projet personnel de Steven Wilson.

Aucunes nouvelles de mes deux amies, étrange et étonnant. Tant pis. J'ai essayé d'avoir de leurs nouvelles mais elles ne répondent pas.

Pour en revenir à mon frère qui a 18ans, j'ai l'impression qu'il sait que je suis homo mais semble se le cacher. Pendant notre séjour j'ai eu droit à de charmants sobriques comme "pédale" car j'ai dis une phrase un soir avec "une voix de pédale" ce qui est d'ailleurs très charmant.
Je ne pense pas avoir une "voix de pédale" et cela m'a choqué de la part de mon frère. J'ai conscience que lorsque je parle, parfois, je parle sur un ton très posé, m'enfin personne ne m'a jamais fais la remarque. Je ne sais toujours pas comment lui annoncer. Il sait ce qu'est l'homosexualité, j'en ai conscience mais garde des réflexes de pur hétéro macho.
Il le saura j'en suis sûr mais j'aimerais vraiment lui dire. Comment ne pas le choquer? Lourde tâche que d'être l'aîné de la famille et être homo.
De toute manière je ne parle jamais de filles avec lui, il doit bien s'en rendre compte.

Parfois j'imagine un monde accueillant où des garçons pourraient vivre avec des garçons sans aucun souci. Parfois même des garçons, de mon âge, avec des hommes.
Je prends conscience que les hommes m'attirent beaucoup aussi, j'ai toujours été attiré par des hommes qui sont plus vieux que moi. Ils ont un charme indéniable.
Et il est assez rare pour que je craque pour plus jeune que moi.
Une fois, lors des colloques, je servais les boissons et un très bel homme d'une quarantaine d'année a demandé à boire, je le trouvais séduisant et sexy à la fois.
Mais si j'en parle à un ami homo il me dit avec mépris presque "mais c'est des vieux!". Je ne comprends pas pourquoi on doit parler de "vieux" pour qualifier des hommes à la beauté ténébreuse. Mes attirances ne s'arrêtent pas à une frontière d'âge, je trouve ça absurde.
Et je craque très souvent sur eux....
Alors évidemment, je pense parfois au futur, si jamais je suis avec quelqu'un de plus âgé (entre guillemets!), comment mes parents pourraient-ils réagir? Et si je m'en fichais. Si je suivais uniquement mes ressentis. Je pense d'ailleurs que je serais vraiment bien. Je me souviens très bien des parents qui allaient rechercher leurs jeunes à l'école, certains hommes étaient à croquer. Leurs barbes, leur regard, tout ça.

En ce moment hormis mes rêvasseries habituelles je ne suis pas aussi déprimé qu'avant mes vacances. Je vais mieux, beaucoup mieux.
Je réfléchis toujours, je médite presque tous les jours et je me détends en écoutant de la musique souvent à fond pour ressentir le plaisir des enceintes.
Ma période rock and roll revient au grand galop et dans ma platine les décibels reviennent. Alors forcément il faut trouver une place pour Insurgentes.

J'ai finalement opté pour mettre un indice de mes préférences sur FB en adhérant au groupe de Christian and Oliver les charmants messieurs de Verbotene Liebe. Personne ne m'a fait de réflexion. Pourtant là, c'est bien un outing complet car la plupart sont des connaissances de toute sortes. Sauf ma famille.
Personne n'a prêté attention aussi, probablement.

Je ressens dans mes veines, des mutants et des pétunias prêt à bondir, des tigres blancs foudroyés par l'épaule des ducs bleus.

Aujourd'hui, tout se déplace.
Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Dimanche 3 mai 2009
De retour dans la contrée du Nord Pas de Calais après une semaine très agréable dans le Sud de la France, pas très loin de St Tropez.

Une semaine bienfaisante, en famille. Le temps fut excellent : du beau soleil tout chaud et caramélisé rien que pour les yeux et les corps.
Exit le jean et les petits pulls, vive les t-shirts et le bermuda. Et les pieds à l'air, car j'adore laisser le contact volatile des éléments sur ma voûte plantaire. Joie.

Une résidence superbe, pleins d'arbres. On dirait un monde artificiel avec ses plantes débordantes et ce petit étang jamais élagué d'envie.
Et des piscines. Oui, la piscine, pour mener une vie aquatique. Une petite piscine chauffée et une piscine beaucoup plus grande et à vagues.

J'y suis allé, pour flotter sur ces vagues artificielles mais géniales sur un son douteux (Tektonik!), et le plaisir a pris le dessus.
Un vrai régal de patauger comme un éléphant nain parmi les mousses douces!

Un attrait terrifiant pour les yeux. Des hommes et jeunes hommes en maillot de bain ou shorts. Il en faut peu pour m'émoustiller : je ne perds pas une miette de ces corps dénudés. Ma première vision fut pourtant celle portée sur un charmant serveur, latino probablement. Je n'ai pas pu m'empêcher de le regarder sous les yeux de mon frère. D'ailleurs il a du remarquer que mes yeux se perdaient très souvent sur le profil des hommes en vadrouille. Un charmant serveur donc.
Puis, dans les différentes piscines, plusieurs poignées d'hommes accrochent ma vue : des grappes bien rouges de nuages interférents.
Un homme d'une quarantaine d'année très poilu, au torse magnifique ou cet homme costaud à la peau mate...un vrai plaisir. Quelques jeunes hommes dont un qui ressemble beaucoup à l'un des amis de mon cher C.

Qu'est ce que je peux me perdre dans la contemplation de leur corps!

Ce charmant garçon asiatique qui est passé devant moi alors que je faisais un lacet défait (toujours ces noeuds, ici libérés, émergeants à la surface d'univers, une frasque légère, un cortège passager). De beaux traits et un corps musclé je suis resté sur place. Mon frère l'a remarqué. Qu'en pense-t-il? Je n'en sais rien. Mais je n'ai pas fais attention où mon regard se portait, comme pour lui mettre la puce à l'oreille.

Un autre homme au bord d'une piscine au physique élégant, très mince, à peine musclé, à la peau légèrement sombre, et un sourire des plus craquants. Je l'ai regardé de nombreuses fois.

Ces enfants qui criaient dans mes oreilles, ces vapeurs d'Andes pillonées, la voix rauque d'un jour atténué, juste.

Et cet homme bourru, macho, musclé, au tatouage sur l'épaule, et aux lunettes cachant ses yeux, presque indécent, un standard d'une beauté glaciale, les magazines, un mec de porno qui mâche des anémones dans une poussière sans cesse renouvelée, révoltée, la craie.

Un soir j'observais la lune et ses étoiles. J'imaginais qu'à l'instant où je gravais cette image lunaire, un autre humain devait se perdre lui aussi dans la contemplation du fétiche ivoire ténébreux. Oui. Cet autre, cet humain était là et nous regardions le ciel en même temps, au même moment. Pas de formes anciennes, une promiscuité atone.

J'ai pensé à C. Un peu. Puis aussi absurde que cela puisse paraître j'ai repensé à Laurent. Je me suis même rappelé d'un garçon dont j'avais croisé la belle démarche, lors d'un mariage, il y a quelques années maintenant. C'était l'époque où j'étais au plus mal, 18ans peut être ou 19ans. Il était brun et timide. Je l'avais observé toute la journée en catimini, pas de remous, ni d'affres sourds.

Aujourd'hui, veille de la reprise, des complications muettes mais puissantes, une perdition légère, fragile, qui tient à peine dans les mains. Elle vous regarde, et dans ses yeux clairs, une compréhension, pas de mots, pas de retenue feinte, la marche d'un trottoir, la suspension tranquile des flammes au dessus de l'eau.

Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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