Vendredi 24 avril 2009
Je reviens d'aller courir. J'en manquais un peu. Deux jours, sans courir et une fatigue étrange, peu gracile, vient m'engrosser.

Un soleil à la belle face, juste le pollen idéal. Bien sûr mes écouteurs ne fonctionnent pas quand on le voudrait, tant pis.
J'ai allongé mon parcours. Je compte bien aller dans un bois qui se trouve un peu plus loin de chez moi. Je pense pouvoir le faire. Progressivement je dévore des parcelles de routes. De campagnes surtout. Je me sens si bien et une bonne douche ensuite, toujours cette eau à la crinière folle qui vient m'aspirer, tout entier.

J'aurais voulu écrire, hier, avant-hier, un nouvel article sur le meilleur ami de mon frère, Julien. Il est si charmant. Sa légère moue d'enfant boudeur me plaît au plus haut point.
Je ne sais toujours pas si...
Parfois il me regarde, mais les interprétations sont mauvaises, j'en connais quelque chose. Il déambule avec des accents patauds, tout ce qu'il fait, je trouve ça charmant. Il possède un charme dont il n'a pas conscience.

Hier soir, ciné avec mon frère. Pour l'entendre pour une énième fois, se moquer d'un garçon, d'un "gros pédé" qui est simplement passé près de nous en disant "pardon" d'un ton trop féminin pour mon frère.
Cela m'énerve.

J'ai repéré aussi de charmants jeunes hommes. Des maghrébins. Très jolis. J'aime leur beauté suave, très animale. Ils ont un regard perçant, noir.
Jeunes, moins jeunes, je trouve qu'ils sont attirants. Même cet homme à la barbe imposante, que je trouve alléchant. Mais, alors que nous étions à table (des jours aluminiums), un homme me regardait, aux yeux bleus de fer, de très nombreuses fois.
Avec mon frère juste en face, je ne pouvais pas trop m'amuser à le regarder souvent. Pareil. Un homme au regard dur, une écorce-torticolis au soleil, rude, avec un manteau en cuir, les cheveux très courts. Un bracelet argent. Exactement le genre de garçon brûlant, qui me plaît. Une pointe de ténèbres sur les lèvres.

J'ai fais un rêve étrange cette nuit. J'étais dans un centre de théâtre. Avec des personnes éparpillées, de collège, lycée et prépa. On devait faire un spectacle. Mais je n'étais pas prêt. Rêve récurrent. Monter une pièce alors que je connais pas mes textes, plusieurs fois que cela arrive.
Cette fois ci, la directrice c'était ma prof de stage au collège. Je ne connaissais pas mon texte et les gens arrivaient. Je n'aime pas ce rêve, que je fais souvent mais dans des conditions différentes. Je l'ai peut être fait au moins cinq fois. Une fois dans le salon chez moi, une fois dans une sorte de centre aéré. Parfois avec mon prof de théâtre de l'époque.

Je suis en pleine dérive dans mes écrits. Manque un sursaut. Il me faut traverser cette transition douloureuse, mais obligatoire pour passer à autre chose. Ce sont mes vies parallèles. Inversées. J'ai traversé une ville et les alentours de la ville, pas assez.
Je peux mettre très longtemps avant de ressentir la forme nouvelle des pièges. Cela peut prendre du temps. Parfois des textes émergent, mais comme tiraillés, entre le passé et l'aspiration à autre chose. Ne pas se précipiter.

En attendant, des formes se décomposent et disparaissent dans la maison.
Tenir, ne jamais lâcher.

Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Lundi 20 avril 2009
Bien, voilà déjà une nouvelle semaine.

Il faut penser à tout et à rien. Je dois bosser sur mon master. Je suis super en retard, car mes idées étaient vaines et pas vraiment de motivation. Maintenant, ça revient très vite. Faut que je m'améliore, faut que je persévère.

Je repense au stage au collège, c'était vraiment bien.

Tout à l'heure je me réecoutais The Glow, part II des Microphones et quel album! Je suis ravi de trouver chaque année un album, the album qui passe en boucle mais qui conserve une valeur inestimable. Cet album est grandiose, difficile à appréhender. Maintenant quand je l'écoute, tout va trop vite, et les chansons se succèdent avec une vitesse incroyable.
J'aime ce mélange de mélancolie, angoisse, colère, apaisement, longue recherche vers autre chose. Autant les plages bruitistes que les acoustiques. Oh je pourrais me l'écouter sans cesse!

Il succède à The Moon and Antarctica des Modest Mouse...Ces albums sont vraiment pourvus de magie.

Quand j'écoute je mémorise tout ou presque. Forcément chacun de ces albums va être témoin d'une époque de mon existence misérable.

A croire que dans cet album tout est pensé. La chanson Samuraï Sword mime des coups d'épée avec ce rythme bruitiste, les étranges craquelements de The Mansion ou You'll be in the air qui mime parfaitement l'envol...

Je pourrais rêver dans une clairière, vivre et ressentir.

Toujours pas allé chez le coiffeur, j'y retourne avant de partir en vacances. Le soleil. J'espère voir des beaux mâles, et y penser toujours avec ferveur.
J'ai toujours aimé les vacances au soleil, depuis le collège pour voir des hommes/jeunes hommes déshabillés. A l'époque je ne considérais pas cela comme alarmant de penser à ces corps masculins. Pourtant y'avait de quoi se poser des questions!

Je viens de compiler l'ensemble des textes depuis décembre et ça fait un sacré paquet. Ils restent sagement dans l'un de mes tiroirs de commode. Les relire? Oui parfois par narcissisme, par contre, parfois je trouve ça un peu bêta pour certains, mais il semble que je sois ainsi.

J'aide toujours mon jeune élève de première, on se voit samedi pour bosser sur Marivaux. Je donne aussi cours à quelqu'un d'autre en espagnol cette fois ici.
C'est bien ça me fait réviser à nouveau!

Armé d'une énorme grammaire espagnole je cherche les points à le faire travailler. J'invente des petits exercices et voilà.

Je suis retourné à la BU pour m'assurer de la durée d'emprunt de mes bouquins. Bien en évidence sur les ordinateurs espérant que C. me voit, je devais rougir (?).

J'ai flâné dans le rayon grammaire, j'ai emprunté un livre de lexique sur la Bible. Je remarque je me perds de plus en plus souvent dans les rayons "religions et théologies". Je bouquine, je traîne. Je serais capable de prendre un livre de théologie car ma curiosité semble intarrissable.

Je suis ressorti avec un livre sous le bras, des garçons discutaient dehors dont C.! J'ai fais comme si je ne le voyais pas et suis retourné à ma voiture.

Bah tant pis!

Maintenant, faut espérer que je trouve un nouveau garçon à épier...voir à rencontrer. Bon reste des détails à régler, mon manque de confiance en moi.
Quand on a assez peu d'atouts naturels on mise sur l'intellect? Idiotie? Non pas vraiment. Je ne sais pas vraiment me mettre en valeur.
Croiser mon regard/profil dans une glace par imprévue reste toujours aussi désagréable!

Parfois j'aimerais ressembler à certaines personnes dont la beauté me fait frissonner. Mais je suis dans une peau et un corps que je n'ai pas choisi.

M'endormir pour revivre, encore oui.

Je vais réecrire également.

Je tourne une page dans mon univers. Cette fois ci je met fin au renard, à ces voitures bleues qui ne mènent nulle part, ces échinodermes, ces bassins, cette Terre un peu décalée.

Je ne sais pas où je vais me trouver, c'est cela qui est si excitant.

J'ai appris le décès de quelqu'un que je connaissais vaguement, un peu. Cette personne s'est suicidée. Etrange nouvelle.
Le suicide reste l'une de mes fascinations morbides. J'y ai pensé et j'y pense toujours comme un insecte sans poil.
En ce moment ça va beaucoup mieux.
Le suicide, ça n'apporte pas grand chose. Bien sûr, j'ai déjà pensé à comment procéder pour se supprimer avec une colère envers moi-même ensuite, quel idiot je fais!

Ce soir, je vais m'endormir, en songeant à des garçons tendres, qui ne seront jamais avec moi, et penser aux étoiles qui séparent les rêves.

Ce soir je n'ai aucune envie de mourir, aucune envie de disparaître, pas pour l'instant, pas pour maintenant, je veux encore respirer, ressentir, vivre, et danser avec la sueur.

Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Samedi 18 avril 2009
Depuis un petit moment, je tourne en rond.

Mais aujourd'hui je vais mieux. Une raison particulière? Aucune. Je me sens comme plus puissant et plus solide. Je porte sûrement des germes nouveaux. C'est comme si je m'étais fais pénétrer par une créature. Une sensation pleines de tulipes.

J'ai toujours la crasse qui m'accompagne, ma meilleure amie.

Mais rien ne semble m'atteindre. Les gens et leur petit mobile dansant. Les journées aux yeux blancs. Infectes. Je sais comment les tuer une à une.

Il est rare, mais cela arrive, que je devienne un autre, plus noir, plus apte à la crinière, l'enveloppe de nuit.

Même C. même lui ne m'inspire plus qu'une lassitude...

Je deviens un poteau électrique qui bouge sans cesse. Les vieilles idées meurent. Le lion traçait des ondes sur mon corps.
Je deviens autre.
L'accident s'est produit, la voiture bleue a trouvé une main pour se faire plaisir.

Les nuits sont lentes, la journée transpire, mes sens deviennent plus sensibles, tes yeux, ma salive.

Je me lève le matin pour te défier.

Je prononce ton nom.

Personne ne peut m'atteindre.

Je me dissouds dans l'ambre avec rapidité. Les multiples de la craie. Bavard. Piège de poulis.

Rampe, danse, rampe.

Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Jeudi 16 avril 2009

R

La nuit ne vient pas encore effleurer mon corps.

Il m'arrive de perdre constance dans la nuit, vite, trop vite, cette nuit, toujours. La température a baissé. J'ai envie d'écrire des poèmes mais tout semble comme figé, arrêté. C'est comme si j'étais stérile.

Stérile.

Des phasmes et des constellations viennent caresser mon poitrail, si doucement. Ne pas penser. Ne pas hausser la voix en ta présence.

Oui, j'oublie la couleur des yeux de C. Ils étaient bleus. Bleus métal. Vifs. Tranchants. Pesants. Rien à voir avec les yeux de Laurent, transparents, brumeux, doux. Caresse d'une joue, réflexe volontaire.

Demain, je vais chez le coiffeur, peut-être. Cheveux plus courts probablement.

Tournis passager.

Je ne sais pas encore ce que je veux écrire, ce que je veux flamber. Je veux arrêter de penser à des garçons. Ne pas les voir. Ignorer. Fermer. S'enfermer.

Un secret. Je me souviens de l'époque où je cachais mes désirs. Maintenant je suis en dédoublement, pour les uns je suis hétéro (de pierre, ronces, écureuil qui feule) pour les autres un homo (immobile).

Le crachat des nuits. La tête sans oreilles.

Il existe un monstre dans mes côtes, sa sueur m'imprègne, pour grandir, pour s'élever, gratter ses cuisses, ouvertes.

Autrefois, fils de lilas. Non.

Je vais dormir d'un sommeil profond. C'est l'angle d'une porte pénétrée.

Je déteste C.

L'écriture va et vient, un maudit rapace, une bave, ta pulsation.

Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Jeudi 16 avril 2009
Le temps a changé. Hier. Au soir. Un orage très incisif. J'étais dans ma chambre, la fenêtre ouverte et j'ai observé l'arrivé de l'orage, progression, changement d'air, ce petit vent plus frais qui se mélange au chaud. C'est venu progressivement, au début, seulement des zébrures dans le ciel, et l'arrivée rapide.

La pluie, et les grandes raies blanches. Un spectacle terrifiant et fascinant.

Je me suis levé ce matin, personne dans la maison. Une maison vide, sans personne.

J'oublie C. petit à petit. Je ne vois pas pourquoi je me suis tant mis en pelotte pour lui. J'attends les grandes vacances pour me transformer comme chaque année.

L'envie de partir, de ne plus rester dans mon taudis personnel. Je mettrais bien le feu à beaucoup d'objets, d'écrits. En ce moment je divague, un chien errant, je ne sais pas trop où aller, ni à quelle main me confier.

Il me faudrait de l'excitation, du nouveau, de l'exhaltant. De quoi raviver un peu.

Je m'en vais donc avec pour vidéo (je l'ai peut être déjà mise...) "Harrowdown Hill" de Thom Yorke que je trouve sublime.

Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Mercredi 15 avril 2009
A peine le soir.

J'ai passé un après-midi ensoleillé avec JB. J'aime toujours parler avec lui. Nous étions à la BU et nous commentions les garçons.
Evidemment C. était là. Evidemment je l'ai croisé en arrivant. On s'est croisés avec une ignorance digne des meilleurs comédiens. J'ai remarqué ses peu esthétiques baskets jaunes, et lui, tout de rouge vêtu. Je le trouve glacial. Je suis allé m'installer avec JB. On a discuté d'un peu de tout. Il s'amusait à chercher C. du regard. Les amis de C. toujours aussi charmants également...

De toute manière, je n'ai plus de raison de retourner à la BU. Le voir me gêne toujours horriblement. Normal. J'imagine tout simplement que j'ai envoyé et laissé un message sur sa table, alors forcément quand je le croise, je suis hyper gêné. Mais il n'en a rien à foutre.
Je vais bientôt en avoir rien à foutre également.

L'écriture n'a pas encore repris. Je sens qu'elle pourrait venir, mais je la laisse divaguer sur les terrains et les herbes, pas encore, pas maintenant.

Une belle journée en somme. Ce matin, je suis allé signé mon rapport de stage. Je transpire beaucoup par cette chaleur.
Je regarde toujours les garçons avec ferveur, sans doute l'arrivée des beaux jours. Oh le beau jour!

Je me demande parfois ce que mes parents peuvent penser de moi. Oui, car à leurs yeux je n'ai jamais eu de petite copine ni même de relation tout court. Bon j'ai jamais eu de petite copine, ça c'est indéniable, jamais eu envie. Mais je crains le début des cancans. J'espère me barrer vite d'ici. Car personne ne m'embête avec les questions "et ta copine, tu nous la présente?" mais cela pourrait arriver.

Même mon cousin semblait étonné lorsque nous avions discuté...Mon frère est plus rapide et il en est à sa troisième petite copine.
Mes "j'en sais rien" ou "je ne sais pas" à des questions sur les filles risquent de ne pas fonctionner trop longtemps. Je ne cherche pas à inventer des mensonges, genre à m'extasier sur une fille dans la rue. Alors, je suppose qu'on croit que je suis timide et réservé, n'ose pas m'épancher. C'est vrai. D'ailleurs je ne m'épanche à mes parents, ni mon frère. Seulement via le net, via des amis, des vrais.

Découvertes amusantes : sur un site de rencontre j'ai trouvé deux garçons du lycée où j'étais. Pour le premier, c'est étonnant, j'étais à côté de lui en première, en latin. On se parlait peu mais je le trouvais sympa. C'est marrant. Le deuxième c'est là le plus gros étonnement : un parfait hétéro à mes yeux. J'en reviens pas. Un mec limite macho, métalleux, et pas vraiment sensible...enfin...c'est un musicien. Ca m'a étonné vraiment. J'ai le souvenir qu'il m'avait regardé en douce une fois, mais j'avais perçu seulement comme une simple observation.
Décidémment, chaque personne cache bien sa personnalité.

Quand je regarde l'avenir, je n'y vois pas grand chose, ça m'effraie. Frayeur ou lassitude?

La lassitude de la vie pourrait s'avérer fatale à long terme. Y remédier. Vite.

Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Mardi 14 avril 2009
Les jours, des projectiles.

Quelques jours passés chez moi. Je rêve d'ailleurs. Je bosse sur ce Master qui ne se révèle pas aussi enrichissant que je le voudrais.
Grosse prise de bec avec ma mère avant hier. Mésentente, incompréhension. Passons.

L'été approche de plus en plus. Il fait plus chaud, transpire plus. J'ai troqué mon éternelle pull fin avec chemise en dessous (suis-je clair?) pour T-shirt ou simple chemise. J'ai remis ma chemise bleue qui m'allait bien je crois, à une certaine époque, l'année dernière, quand je croisais C. Bon sang, on en revient toujours à lui! Il devient cette mouche qui m'énerve et m'insupporte.

Je réfléchis, médite. Mon cerveau se mélange à l'air et au ressac. Réfléchir. Au fil des années, je me pose des questions sur le fonctionnement des minutes, sur les frissons éprouvées, les grands soleils dévoreurs d'âme. C'est un cycle qui semble vouloir m'avaler. Mais il n'y arrive pas. Pourtant, de nombreuses fois je passe sous le cadran des tempêtes. Pas cette fois.

Plusieurs raisons me poussent à rester en vie. Mes proches, tout d'abord. Sans eux, je serais démuni. Mais, je ne peux pas lâcher l'affaire sans en venir aux mains avec l'Existence.
Je dois questionner sans cesse, je dois tenter de gratter l'écorce des personnes, des incidents. Parfois, je me réveille avec la certitude d'être dans un rêve.

Je m'émerveille comme un enfant devant des gouttes de pluie qui glissent sur mon visage, un palais, une bombe particulière.
Je reste concentré devant la Matière et les tissus, la peau, le goût. J'aime ressentir avec effroi, panique, plaisir. Les nuances restent fascinantes.
Le plaisir s'apprend, lentement, difficilement.

Les échos des sons et des bruits. J'ai fermé les yeux pour écouter les oiseaux pleurer, comme autrefois, quand je jouais dehors.
Je les entend à nouveau et j'ai fais en sorte de mémoriser cette ambiance, cette réalité seulement déplacée, mais sereine.
Je suppose que ce magma sonore et sensorielle reste gravé en nous jusqu'à la fin.

C'est comme si je venais d'une planète différente ou d'un autre pays, et c'est vrai. Je ressens tellement d'impacts, tous les jours, cela se multiplie à une vitesse incroyable ; un sourire, un bruit de vent léger, une porte qui s'ouvre, un murmure de foule.

Je pourrais rester des heures à contempler un paysage...Comme en Grèce, cette falaise, ce soleil, cette force sans commune mesure. Pour toujours.

Quand les larmes coulent, je reste l'unique garçon solitaire, et j'entends les ombres proliférer.

Dans deux ans j'aurais oublié C. probablement.

J'aurais oublié ses yeux bleus, son petit sourire amusé, ses cheveux sombres, sa démarche arrogante.

Un jour, il me faudra oublier tout cela. Mes fous rires, les journées de pluie, de rage, de pleur, de tendresse, de guitare désaccordée, de sorties soudaines, de neige aérienne, de mains qui circulent, les rires de mon frère, la dangerosité des années, le briquet, la terreur, les grands avions.

Tout cela.

Et un jour peut être je m'éteindrais, ces étoiles fixes mais parallèles, le ciel étoilé des étés tièdes. Je ne sais pas encore vraiment où j'en suis, demain, hier, vendredi, dans un an, deux ans, sept ans.

Je serais peut être encore au même niveau, incapable, rassuré, pleutre, courageux, fier, rieur.

Je ne suis pas complet, il manque des pierres et des caresses, des bambous fragiles. Alors je retiens, je retiens tout, j'enregistre, je note, tous ces instants aériens, qui disparaissent dans un souffle, la braise sur mes jambes, le terrifiant sourire d'un garçon.

J'avance sans certitude aucune, je me rattache à ce que je peux, je contamine sans blesser.

J'essaie de me rappeler l'unique instant, celui des émergences, ne jamais oublier.

Essayer.
Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Vendredi 10 avril 2009
Vendredi, presque le dernier jour de la semaine.

Semaine chargée. Un stage en collège pour voir comment ça se passe sur le terrain. Ma foi très intéressant. Le fait de s'essayer à passer devant une classe me confirme une chose, je ne suis pas un vrai timide. Car ça serait bien l'épreuve la plus redoutée/panique pour un timide, mais non en fait. Pas de bafouillage, pas de sueurs, pas de défauts de prononciation, rien, enfin rien qui ne laisse transparaître une peur panique. Je préfère m'adresser à une classe qu'à un mec qui me ferait fondre, on aurait pas la même personne!

C'est vrai, autant je me liquéfie totalement face à un garçon qui me plaît, je perds tous mes moyens, je deviens empoté, et risque de tout renverser autour de moi...Je bégaie, j'ai la voix qui part dans tous les sens, je rougis comme un beau diable et ça se voit comme tout le monde en plus...Incapable de penser logiquement, autant...autant devant une classe, tous les yeux braqués sur moi, ce n'est pas pareil.
D'ailleurs il n'y a pas de rapport en soi. Mais je suis donc un timide pour certaines choses et plus réservé pour d'autres choses (je hais ce mot "chose" mais je l'emploie par manque d'inspiration....) : un oral, contexte officiel aucun problème, par contre en société et en relation avec quelqu'un j'ai vraiment du mal, même si ça s'est amélioré grandement, heureusement d'ailleurs.

Dans un groupe, je me sens mal à l'aise, pas sûr de moi. En général, une fête (et encore une fête ? quelle fête? je n'ai pas d'amis ;-) ) et je suis déboussolé...
En général je reste dans mon coin, j'arrive à me détacher moi-même du groupe. Je suis fais pour vivre en solitaire.

Cette expérience devant la classe m'a fait beaucoup de bien. J'ai fais du théâtre et en y repensant j'étais face à une centaine de personnes, alors que là il n'était que quinze tout au plus!

Il fait beau aujourd'hui, un peu de vent, mais une chaleur étonnante. Je vais en profiter pour courir, tout à l'heure avec de la musique dans les oreilles.

Je suis en période de doute niveau écriture. Rien depuis plusieurs semaines. Absolument rien. Autant je peux être prolifique, autant je suis dans une retenue incroyable. Je ne m'en fais pas. Pas que je n'ai rien à dire et à exprimer, simplement rien de particulier à tirer au clair. Mais, je sais que ces périodes de silences sont bénéfiques. L'écriture se tapie dans son coin, sous les couches de terres, le perfide humus!
J'attends sans trop me soucier.

J'essaie et depuis le temps, d'oublier C. Bon sang, difficile de ne plus y penser. J'essaie de l'éviter...bon allez j'espère toujours le croiser, et je fais encore exprès de prendre certains chemins de la fac, difficile de décrocher! Mais ses réactions sont nettes. Il ne veut pas de moi. En un sens, cela me rassure, tout n'est pas si simple que cela.
Maintenant.
Je réfléchis, j'entends parler des contrariétés de couple, des mariages (!!!) à 22ans...et ça me coupe le sifflet. Ces jeunes personnes sont déjà en couple et se marient. Et moi? J'en ris! Je suis à peine dans mes tâtonnements, gros asocial que je suis, avant de me marier ou convoler il faudrait que je trouve au moins quelqu'un!
Et...
Et je préfère rester seul. Tout d'abord, ma volonté s'effiloche petit à petit. Je suis tout simplement incapable d'être avec quelqu'un. Bon ça marchait pas mal avec Nicolas. Mais, vu l'état actuel des choses (encore!) je reste tout de même assez étrange pour être quelqu'un. Je ne suis pas outé à mon frère, et je suis dans la semoule permanente pour aborder un garçon, alors à quoi bon s'échiner sans cesse, pour rien!
Alors oui, ça viendra....ou pas!
Mon avenir est tout tracé : je vais devenir une sorte d'étrange être sans amour ni relations, je vais partir dans une région reculée du globe pour méditer sur l'Origine des mouvements de la Terre.
Pas bête...
Ouais, manque de confiance en soi, ouais, doute, sûrement. J'en ai marre de chercher des réponses qui ne seront jamais résolues.

Et cela me détend presque de ne plus penser. De ne penser à rien du tout. Je vois C. je le trouve toujours beau et charmant.
J'ai envie de l'oublier. J'ai envie d'oublier tous ces garçons qui ont fait battre mon coeur. J'ai envie de prendre une corbeille et jetter ces spectres pour les écraser, démenteler, bien détruire, mettre le feu, mon briquet, mon principe primitif, et jeter, détruire, détruire, détruire.

Je suis bien.

Je n'ai besoin d'aucun secours, je vole au dessus des ombres. Car l'ombre c'est moi. Je peux voir les fissures, je peux rester suspendu au dessus d'un océan inarticulé.

J'ai bientôt 24 ans et ma vie personnelle ne ressemble à pas grand chose de connu. J'essaie d'assembler des morceaux qui ne tiennent absolumment pas sur leurs pattes. Je n'envie même plus ceux qui réussissent, c'est bien, plus aucune envie, ni même désir, ni même de jalousie envers les personnes heureuses. Pourquoi en aurais-je?
Je suis radicalement différent de tous.

Je ne sais pas qui je suis. En fait, je suis un humain sans peau. Je ne peux pas connaître autre chose que l'étourdissement de l'esprit.

Je tiendrais ma promesse. Ma vraie promesse, celle que je me suis fait il y a quelque temps. Une promesse rien que pour soi.
Pas question de gâcher ma vie ad eternam!
Reste maintenant à trouver l'outil judicieux qui va me permettre de ressentir vraiment.

Ressentir vraiment.
Ressentir vraiment.

Comment ressentir ce qu'on ne peut pas ressentir?
Une question. Toujours ces questions? Pourquoi je ne suis pas l'un de ces garçons fluides qui ne pensent à rien, percoivent la vie comme un radieux bassin plein d'ondes.
Pourquoi s'obstiner à trouver un sens à tout? Cela me fatigue. Cela m'épuise, cela m'enferme dans la complaisance.
Non.

Maintenant, je sais ce que je vais faire pour en sortir. Je sais comment éloigner cet absurde...!

Parfois, cette clairvoyance m'effraie, je sais qu'il existe d'autres solutions (vraiment?), mais celle ci est assurémment la meilleure.



"Grinning Mouths" en live par le groupe Isis.
Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Mercredi 8 avril 2009
Ecrire. Ecrire pour oublier cette masse. Ce n'est pas la peur mais la folie qui tire les rideaux très vite. Une sangsue multiple sur mes yeux.

Je reste persuadé que le jour finira tout simplement comme il a commencé. Je me réveille, il pleut un peu, et je passe à la salle de bains. Une douche. Un rasage. Déjeuner. Retour dans la salle de bains. Qui est cet étrange garçon qui me regarde dans le miroir?
J'enfile mon pantalon, un T-shirt, la montre, un bracelet, prends mon portable et portefeuille pour atterir dans mon auto.

Ecrire sans but, ni aveu, une glissière de sécurité à peine évité, évitée juste pour la forme (délicate des lignes de ton corps muet), évitée pour revenir le soir chez soi et sourire à ceux qu'on aime.
Mais regardez-moi je vais bien, tout va bien, tout se passe si bien.

La sensation d'être transparent. Une promesse non fichée, non répertoriée. Le complexe du brouillon, toi, le cabot noir que tout le monde évite, évite le monde (pour s'éteindre).

Le soir. Quelques difficultés. Mal à s'endormir, me tourner d'un côté et de l'autre. Ne pas penser. Détruire ces idées bleues qui montent au dessus des plaines, les bloquer, leur bloquer le sang, pas de sang, aucun sang ne doit coaguler dans le corps, des possibles brûlures, cependant.

Etouffer pour oublier le regard des autres. Dénoncer chaque illusion.

Je sais en te regardant le soir ou au matin, ce qui va advenir. Cela semble si simple, si limpide. C'est net avec bavure volontaire.
Mes mains cherchent un drap, et mes yeux cherchent dans l'angle d'un mur une canalisation, une onction.

Maintenant tout tourne, tout tourne avec toupet, tirailleur ne loupe pas ton geste, sois serein, visible, enclin, prêt, ne rate pas la cible.

Maintenant que les épilepsies rêvent en mourrant.

Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Dimanche 5 avril 2009
Avant d'entamer une nouvelle semaine : le billet du dimanche soir :-)

La nouvelle semaine qui démarre demain sera fondée sur mon stage d'observation au collège. J'y suis allé avant les épreuves du Capes avec Elodie.
J'y retourne demain avec elle, pour une semaine entière. Je me demande bien ce que va me réserver cette nouvelle semaine.

Après mes quelques ratés auprès d'Elodie (mes foirages) et une certaine attitude déplaisante de sa part, je pense tout de même que ça va bien se passer. De toute manière, c'est mon stage et pas mon stage-avec-elle.

La journée a été ensoleillée, belle. Je retrouve le sourire après une certaine période de relâche au niveau du moral. J'ai de nouvelles idées en terme d'écriture.
Bien sûr entre les idées et la mise en forme, un temps est toujours nécessaire.

Je sais que Gaëlle ne sera plus là l'année prochaine, gros changement en vue. Je risque de me rapprocher encore plus de Fanny. On se parle de plus en plus, je me sens beaucoup mieux avec elle. Peut être que l'année prochaine je ferais des colloques avec elle...

Passons à C. Je ne peux me résoudre à l'appeler "C." c'est idiot. Disons que son prénom est trop singulier pour le mettre sur ce blog. Son prénom n'est pas courant.
Je l'ai vu vendredi, enfin aperçu.

J'ai beau retourner le problème dans tous les sens, je n'ai jamais été fixé. Je vais finir par me dire qu'il me trouve juste "plaisant" et c'est tout...
Avec le recul, et hier soir dans mon lit, je repensais à une autre fois : j'étais avec Emilie, on discutait Capes et il est venu s'installer en face de nous avec une amie. Il me regardait souvent, de manière détournée. Tout ça c'était vrai, tous ces regards...
Alors quoi? Qu'ai-je fais de "mal" dans mon scénario ? Je repense à ma petite bévue du stylo, je n'ai pas vraiment été le meilleur acteur possible.
Il n'a pas de copain, c'est sûr.
Puis des fois, je me dis boarf pas si grave....

Il se peut que je croise un nouveau garçon, charmant, un garçon qui émoustille mes regards, me rend le quotidien plus joyeux.
En fait, il manque peu à ma joie de vivre ("joie de vivre"! décidémment je change! :-) ) j'en suis maintenant certain.

Ce qui ne va pas c'est lorsque je reste chez moi à ne rien faire, tourner en rond, je crée des petits bouillons noirs, c'est mauvais. Je ne sors pas assez, je m'amuse pas assez.
Je devrais aller au ciné.

Ou bosser. Je remarque qu'en bossant je deviens une machine à énergie presque infatigable. Je compte bien reprendre mon Master de manière plus soutenue que je ne le fais actuellement.

Mes rechutes, sont parfois, soudaines et sourdes. Mais, j'ai une partie affolante, une partie de ballon qui aime les jets d'eau et l'herbe des débuts de soirées.

J'aurais tendance à me cloisonner dans mes écorchures alors que je peux être heureux, ou joyeux. Mes sourires sont peut être difficiles à capter pour autrui. J'enrage. J'enrage de ne pas sourire plus facilement en société et je fais la gueule à tous les inconnus qui passent.
Mauvaise, très mauvaise stratégie.

La vie serait comme un magnétophone, on enregistre les bruits, le vent, le sourire passager avec la conviction qu'on ne pourra jamais réecouter la bande toute entière.

Ce soir, je vais m'endormir sereinement, comme déplié, débarassant tous les recoins, les fièvres.

Je peux dormir de tout mon soûl, satisfait (juste pour la forme, mon intransigeance est toujours là) et surtout, surtout pas préoccupé par des nuisibles du type : suis-je bien habillé? j'ai une drôle de tête aujourd'hui, est-ce que je sais plaire? est-ce que je vaux vraiment? je n'intéresse personne

Je veux pouvoir les regarder et sourire. Leur sourire et en rire avec légéreté.

Pas de peur.

Demain sera toujours une onde dépliée dans une main...

Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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