Vendredi 19 juin 2009
Bonne nuit de sommeil depuis un bon moment.

Gaëlle retombe dans sa déprime généralisée. On ne va plus la revoir. L'anniversaire fut assez bien. Je dirais que la langueur verte est venue nous atteindre.

L'été s'installe avec ses coudes, nonchalants. Tout change.

Exit les aventures de Msn avec ce garçon décidément bien compliqué (il a affaire à un garçon-bambou tout aussi irréel).

J'ai discuté avec Dorothée. J'étais à la fac. J'ai pris encore des bouquins, sur le désenchentement du monde, et un livre pris presque au hasard. J'aime dénicher des livres. Des compères qui poussent sur une peau lisse. Je les attrape, les touche, et feuillette avant de les engloutir dans mon sac.

Installé sur un banc, en plein soleil tappant, avec une canette, presque débrayé dans mes manières. Dorothée est venue me parler de son oral. Je lui ai parlé. Ma voix ensommeillée toujours. J'étais seul au soleil. Net et sans rature déviante. Neuf mais propre. Ou mal fagotté. Ou dans un précipice nouveau.
Dorothée m'a demandé du feu. Pas de feu, non aucun feu, je ne fume pas.

J'ai aperçu tout à l'heure un jeune couple dans l'herbe. La fille sur le garçon. Il y avait aussi ce jeune garçon, grand, avec une cigarette. Mince. Effilé. Framboise. Sec. Ses yeux de brindilles. J'ai eu envie de lui. De quelque chose, encore.

Dorothée m'a donc parlé. Bas. Je l'ai écouté, bas. Et le soleil tirait sur les nuages, à vue. Excellente position pour cibler. Dorothée je l'aime bien. On discute. A aucun moment ou presque je n'ai pensé à Claudio. Pourtant son ami était là. Comme livide ou jeune dans sa mélancolie. Anormale? Juste le temps de prendre les bouquins, et de retourner m'asseoir plus loin, en bas.

Quelques gouttes de sueur rivalisaient le long de ma nuque, alors je suis sorti.

J'avais besoin de me mouiller. De prendre l'eau. La forte odeur d'urine m'a dégoûté et a rajouté à l'étrange sensation. Envie de me débarbouiller. Le visage. Les lèvres. Les mains.

Dorothée parlait et je ne l'écoutais plus trop.

Lorsque ma mère est partie, je me suis regardé dans la glace. J'ai laissé quelques épis de barbe pousser, des vers, non, des pénibles enfants sur mon visage. J'ai pensé relever mon pantalon pour laisser apparaître mes jambes un peu plus velues.
Puis j'ai renoncé.
Quelle forme alerte m'a saisit? Pétunia.

J'ai hésité entre la chemise ou un t-shirt. J'ai finalement opté pour le t-shirt. Déjà je recevais trois textos du monsieur. Prendre l'auto et se rejoindre au parking du MacDo.

L'ami de Claudio avait changé. Dans ma tête? Sans ses traits de petit vautour. A quatre pattes. Non. Il était là, triste ou las. Sa beauté non recrée avait du charme. Il est devenu invisible un instant. Paupières. Moisson fraîche. J'aurais pu dégainer ma question unique, récréative : mais où est Claudio?

Dorothée ne me lâchait pas. Elle a voulu aller prendre un repas à deux. Refus. Pas envie.

Quand je suis arrivé, j'étais différent. Pas vraiment. Noué mais suspect. Prendre de l'eau. Mes mains. Personne, seulement deux filles.

Il fallait bien dépenser son énergie.

Je suis arrivé au parking. Je l'ai vu. Il était là. J'ai pris mon portable pour lui confirmer ma venue. J'ai alors décidé de le rejoindre directement.
Voiture agréable. Premier contact.
Il me sourit, semble en nage. Pas vraiment. Beaucoup plus âgé que moi. Je suis moyennement excité. Un peu. On parle. Il me reconnaît. Oui, c'est moi, sur le site...

Ce soir, en rentrant, je n'ai rien vu de particulier, ni même d'étranger dans le soleil craquelant. D'habitude l'haleine du jour vient se poser sur moi.

J'ai laissé Dorothée s'éloigner. Ou je suis parti. J'ai croisé un garçon en chemise blanche, le teint mat, très fort. Mes yeux ont vrillé. Il s'en est rendu compte.

Cette sueur.

J'ai décidé de lui indiquer un chemin. Un lieu tranquile. Cela m'a excité. Pendant qu'il me caressait l'entrejambe, je faisais de même, avec un plaisir lointain.

Il fallait trouver un coin isolé.

Il faisait chaud. La brume était inerte. Le voyage court. Sa chemise bleue. Son accent prononcé. J'ai eu l'idée de l'endroit. Un parc.

Pas de Claudio. Qui est-il vraiment? Une peinture dominante courbée, volatile. Ventilateur sommaire.

Peu de conversation de ma part. On croise un promeneur. On finit par se caresser, s'embrasser, plus vite, et plus fort. Je commence à apprécier.

J'ai pris de l'eau et me suis regardé dans la glace. Stupide.

Dorothée m'a parlé mais ses bruits faisaient de la grêle.

Il m'a embrassé, m'a caressé. Je l'ai embrassé dans le cou. J'ai ouvert sa chemise. Quelques poils. Une chaîne, une croix. Alors ma langue a fourché sur ses bois noirs et gris.

La chaleur et le tiède des pressentiments.

Claudio a disparu dans un mont de neige vécu.

Cet homme a pataugé pour se défaire de mes griffes. Il répétait sans cesse "Juju c'est bon". Dans un autre contexte j'aurais trouvé cela comique. Le lierre dévore toujours les tiges voisines.

J'ai éprouvé du plaisir. L'amener. L'aguicher un peu, voir beaucoup. Se caresser. Me soustraire un instant à son désir. Organe chaud, foncé, illisible dans mes péntitences, très chaud, battant de poussière, de listes non retenues.

Une fois terminé il m'a raccompagné. On a un peu discuté.

J'ai aidé Eyemeric en maths. Il n'a pas besoin de moi. Je suis un poids inconstant. J'ai bu le diabolo. Quelques gâteaux. Révision du vocabulaire anglais.
J'ai regardé son agenda. Il avait l'air joyeux et un peu paresseux.

J'ai planté Dorothée un peu.

L'ami de Claudio a le regard un peu triste, juste faiblissant, peut être. Le siège vide. L'épine dorsale atteinte.

Son énorme organe transpirant, chuchotant. Je ne discernais plus la nuque. Nous étions un peu surélevés, assez bien cachés, malgré nos gémissements. Je n'aime pas gémir, je préfère respirer bruyamment dans la fausse perte des migraines rapides.
Il m'a demandé ensuite de quelles originnes je venais. Un peu raconté. Juste le nécessaire, le brut. Il m'a déposé au parking. Il m'a parlé de ses attirances pour les jeunes garçons. Mes attirances pour les hommes plus âgés.

L'autre jour j'ai joué de la guitare. J'ai essayé de chanter. J'ai rêvé d'un garçon, en t-shirt blanc.

J'avais encore le goût dans la bouche de sa propre salive. Je devais faire passer cette impression dans le lavabo. Eau fraîche. Mains à laver.

Ses yeux sont bleus, chemise bleue. Il est reparti dans sa voiture. Pressé. Rapide.

Tout à l'heure m'excitant seul dans une rêverie brumeuse, de coquelicots terrassés par les bombes, j'entendais encore sa voix rauque, pâle, me demandant de le sucer.

Je ne suis pas très bon en maths, mais je peux aider pour calculer le volume d'un cube.

Claudio est mort.

Je rentre et je regarde le jour défiler.

Par Sandoval - Publié dans : Le Sando Daily
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Commentaires

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Yes !
Commentaire n°1 posté par Kliban le 20/06/2009 à 20h29
lol! Ben...que dire de plus..lol!
Réponse de Sandoval le 20/06/2009 à 21h59

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