Je ne sais pas d'où je reviens.
C'était hier, je crois. J'ai failli mourir. Mourir. Idiotement. Aucune connerie de ma part, non. Une asphyxie rapide. J'ai eu peur de mourir, vraiment.
J'ai cru que j'allais mourir, asphyxié. C'était en gros la fin, pendant des secondes interminables. Toute cette connerie de vie, d'échecs, de boules blanches, tout ça, fini. Il m'a semblé que j'ai
supplié. Mais j'étais seul. Absolumment seul. Tout seul, j'ai failli mourir.
Je crois avoir songé "ben voilà tu voulais crever, ben voilà tu l'as ta mort, aussi stupide, stupide, soit-elle". Oui, j'allais crever. J'ai su que j'allais mourir. Etouffé. Loin. Dehors en plein
champ. Trop loin des maisons. Ne pouvant crier pour que l'on m'aide.
J'ai su retrouver le souffle miraculeusement. Je ne sais pas comment.
Dans les oreilles, j'écoutais un morceau dont les paroles peuvent se traduire par "je ne suis pas mort, il n'y a pas de fin". Quelle ironie. Quelle mortelle ironie.
Non mais j'étais en train de crever. Dénué. Et je ne suis pas mort. Non, pas mort. Vivant. Pourquoi? Pourquoi ne me suis je pas effondré?
Est-ce cela le hasard?
Quelle étrange sensation de ressentir et dans l'heure précédente être à deux doigts de terminer.
Je me sens stupide.
Je ne sais pas à quoi je sers au fond. Je ne voulais pas mourir alors j'ai couru sans souffle. Pour vivre.
Je ne veux pas revivre cela, du moins pas de cette manière. Leur connerie de bien être près de la mort, c'est n'importe quoi. J'avais mal, j'étouffais, j'aurais pu pleurer.
Il faisait si beau en plus.
Je suis un placide désequilibré.