Hier je suis allé courir, assez tard.
Suffisamment pour pouvoir courir avec le soleil qui se couche.
J'ai réussi à bosser hier soir, j'ai fini mon mémoire et il ne me restera plus que la soutenance.
Maintenant, parlons un peu de ma promotion de capes. Dans l'ensemble, c'est mieux que l'année dernière, beaucoup mieux. On discute. Restent les snobs qui m'amusent.
Mais je garde le fin du fin pour David. Oui, peu de chances qu'il tombe sur mon blog. Outre le fait que j'ai craqué sur lui en début d'année, je n'ai pas un regard objectif. Mais tout de même, cela
n'est pas si simple que cela.
Je peux dire que je suis passé du stade purement attirance physique à découverte de sa personnalité. Il est très gentil, posé quoique je soupçonne un caractère fort, un rien nonchalant, et d'une
intelligence malicieuse. On a parlé de musique, de métal, puisqu'il apprécie beaucoup de groupes que j'aime (Tool, Pain of Salvation, Oceansize, Porcupine Tree etc) et je l'ai trouvé
intéressant.
On a parlé littérature, et j'éprouve réellement du plaisir à parler avec lui. En fait, j'ai l'impression de parler avec quelqu'un qui a pour l'instant de très afinités avec moi. C'est agréable et
délectable.
J'ai décidé de laisser le côté primaire "est-il homo?" tomber. Il est hétéro. Il a mangé avec moi ce midi, pour me tenir compagnie ce que j'ai apprécié avec joie. Il est ouvert, sympa. J'ai pu
discuter avec lui sans me laisser perturber par ma gêne initiale.
Bien sûr, j'essaie de ne pas trop le regarder avec un air trop insistant même si ses yeux bleus piquants m'y invite.
J'ai déjà saisis quelques attitudes qui me plaisent
-Sa manière de regarder, quand j'arrive lui dire bonjour, mi-gêné, mi-amicale avec ses yeux qui brillent, d'une douceur incroyable, une forme de douceur émane de lui.
-Son sourire discret, mais dévastateur.
-Sa voix, et sa manière de parler. Toute en retenue, les mots finissant le plus souvent dans un murmure, sa voix grave qui semble ne pas changer de registre, il parle sans vraimennt articuler, et
cette petite imperfection me plaît.
Je n'ai aucune référence à quelqu'un d'autre pour le décrire.
Loin de tomber en pamoison j'apprécie sa compagnie et nos premières discussions...je crois qu'elles pourraient durer longtemps.
Bien sûr je ne suis pas amoureux, pas du tout, et je sais pour l'instant, que je prends une distance ultra nécessaire pour ne pas retomber dans mes travers de l'année dernière. Bien sûr ce garçon
allie intelligence, et charme c'est indéniable, mais cela s'arrête là.
Je songe toujours à mes nouveaux poèmes et cela va faire un moment que je n'ai pas écris. La raison est simple : chaque période d'écriture correspond à une période de ma vie et j'ai encore du mal à
extraire tout cela, à l'éloigner loin, à m'éloigner pour créer à nouveau.
Je prends mon temps, peut être un peu trop d'ailleurs.
Il se peut aussi que je n'ai pas envie d'écrire tout simplement. Quand j'écris des poèmes, un problème se pose, or là rien ne se pose vraiment en problème, l'impulsion n'est pas là.
Je m'entends bien avec Fanny, de mieux en mieux, notre complicité est au beaux fixe. On parle de tout, de mecs, de joies, de passages à vide.
Evidemment, avec une autre fille, c'est difficile de pas faire de gaffe devant elle, et de parler de garçons.
En ce moment, il semble que je détourne quelque chose, je ne sais pas quoi, mais je deviens encore quelqu'un d'autre, qui m'est inconnu évidemment, une forme de mec qui m'épie derrière la porte
avec un petit rire. Ce n'est même pas l'odeur de la cigarette, ni même l'odeur d'un homme, ni encore la sueur d'un brouillard, c'est autre chose. J'ai parfois l'impression que cet homme vient me
rendre visite pendant mon sommeil, il s'asseoit, me souffle à l'oreille d'étranges mots, phrases.
Au réveil j'ai tout oublié, mais le souffle chaud et brûlant demeurre, tiède, accroché.
C'est un visiteur indélicat, peu soucieux de mes quarantaines, il a la sécheresse des jours perdus, mais il possède surtout la salive des jours nouveaux.
Il vient et m'enserre par la taille lorsque je deviens lisse et sans émotion. Il confond l'hiver et les matinées de retrait, j'entends ses crissements et ses mains neuves ne titubent plus. Il a les
mains chaudes et elles sondent mon corps perpétuellement.
Espaces de douleurs, espaces de plaisirs. Plaisirs même pas interdits, non, il vient s'appuyer sur mon corps en haletant, en soupirant, voire en poussant des gémissements qui arrachent la tête, ce
bruit résonne encore une heure après avec les picotements dans le ventre et les jambes.
La nuque est touchée, les épaules rendent les armes, et le dos devient une machine couchée l'herbe.
Il n'est pas un animal, mais une machine organique qui cherche à sonder, à m'assimiler, me posséder, me tenir toujours par les dents, et gestes sont brusques, vifs, très cohérents.
Parfois, je ne cherche même pas à lui résister.