Le Sando Daily

Vendredi 6 novembre 2009
Une bonne journée.

Vraiment, sans aucun heurt ni décharge mentale.
J'ai commencé à réecrire, comme au bon vieux temps, dans un cahier. Mon projet reste toujours très personnel. Pas certain que ses mots viennent autre part que sur ces pages.

Je sais à quoi me tenir.

J'ai une vague idée, pas vraiment narrative, juste thématique. Est-ce ma propre vie qui se joue entre ces mots? Oui.

Je ne sais pas si tout cela sera prophétique, je ne l'espère pas, mais je sens un bien-être incroyable à les écrire.

Je veux faire des mots, des textes qui signifient réellement, et pas des lignes composées en trois secondes.

Je crois qu'il s'agit d'une ironie, d'un petit squelette habile, dissimulé dans la neige.

Je veux que ces mots soient les meilleurs que j'ai jamais fais.
Par Sandoval
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Dimanche 1 novembre 2009
En ce moment des ressentiments idiots. Je m'énerve pour tout. Grognon lillas que je suis.

Si j'avais une cornemuse crachant du feu, je napalmerais mes congénères sauf les mecs qui me plaisent!

Parfois je suis comme greffé à mon ordinateur et cela m'ennuie. Je deviens dépendant. Mauvais cette dépendance, mais ce n'est pas la cigarette heureusement!

Je ne pense quasimment plus à Claudio, encore un peu, comme une persistance un peu informe dans ma bouche, une petite épine qui meurt ou alors comme un hamster volontairement envoyé dans le micro-ondes avec un soupçon de compassion...

Mon frère parle toujours autant des homos avec moquerie. Comme ma mère et comme ma marrainne.

Et mon parrain homo il est où dans tout ça? On aurait pu discuter de cela...

J'ai vidé entièrement mes messages dans mon portable. Certains messages dataient des vacances et cela me rappelaient ces chères vacances plutôt bonnes. Oui, je revois le soleil, les soirées lentes, les beaux garçons, le groupe Vast (qui restera pour toujours associé au solei! oui!) et la mer au bruit doux comme une moissonneuse-batteuse en plein émoi.

Effacés donc.

En l'espace de quelques mois, quatre rencontres, ce qui est inimaginable pour l'ancien asocial-de-la-vie-et-tellement-triste-qu-'il-écrit-des-poèmes-dans-ses-cahiers-et-qu'il-est-trop-triste-comme-une-chèvre-sans-son-bouc, mais cela est vrai.

Résultat? Quatre semi-échecs! Bon,il est temps de reprogrammer la machine, éviter les bugs (Bunny), et activer tous les neurones et déliants de langue pour des jours en parfaite impression, opérations de papier glace!

Par Sandoval
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Dimanche 1 novembre 2009
Quand j'ai ouvert mon portable, j'ai découvert sa photo et ma première réaction fut "pas mal du tout ce mec!"

Un beau garçon brun avec un sourire extra. (terrestre?). Bref un mec mignon. Nos correspondances se sont vite transformées en dialogues tournant parfois un peu à vide.

Est-ce moi qui fut trop distant ou alors ses attentes étaient différentes des miennes? Pas la peine d'éplucher des bananes, nos attentes n'étaient pas les mêmes!

Il voulait tout simplement me connaître mieux...ou, lui faire découvrir sa vraie nature qu'il disait.

Cela ne me dérange pas de lui faire découvrir sa vraie nature, mais j'espérais un peu plus quand même.

C'était surtout un garçon charmant mais qui laissait dévoiler comme un étrange nuage mauve. Je ne sais pas.

On devait se voir vendredi.
Par Sandoval
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Dimanche 1 novembre 2009
Aujourd'hui fut une journée en forme d'escalator.

Pas que l'escalator soit exactement la bonne image. Je choisirais l'ascenseur. Et encore, il faudrait appeler ça l'ascenseur-escalator ou encore bref...!

Il a fait un temps de chien mouillé dans les abysses, visite familiale d'un ennui mortel comparable au pointage des points des coccinnelles de mon jardin en plein août.

Cherche également dans la musique un moyen de fuir, de transposer des sentiments bateaux ou barques de tristesse (pourquoi pas zodiak pendant que j'y suis?).

C'était la semaine dernière, un mec m'envoie un message sur un site gay. Il m'envoie une photo de lui, en tout bien tout honneur. Charmé par son sourire, j'accepte et on correspond. Tout se passe bien, hier encore, on devait se voir vendredi prochain (une erreur s'est glissée dans le corps logique de cette phrase...) mais...mais...non..

Après deux Sms, c'était emballé et pesé...Non, plutôt emballé et jetté.

Il me souhaite une "bonne continuation, content de t'avoir connu et j'espère que tu vas trouver quelqu'un".

On aurait dit que ça lui plaisait. Bon. Ok. C'est pas si grave. Un mec de perdu...combien de trouvés? Pas des masses!

Il faut dire que j'accumulue les bourdes et joue de malchance ces derniers temps. Tant pis.

Je rentre dans ma période de plantigrade grincheux. Oui. C'est la période des grosses dépressions. Mais, au lieu de déprimer comme je le fais souvent (regard triste, café triste, cahier triste, triste, triste..hé ça suffit!!!), je vais plutôt me perdre dans le non-sens et l'absurde.

Je suis déglingué ou alors affreusement normal. On est tous affreusement normal. Non?

Je n'ai pas trop envie de reprendre les cours. Toujours pas de date pour ma soutenance de Master, c'est génial, tout baigne Etienne! ^^

Alors, comme un léopard des petites neiges j'en fais qu'à ma tête et me laisse avoir par mes propres désirs, et cela me renvoie à ma propre gentille stupidité.

Question poésie je deviens une véritable petite loque. Vraiment. Rien. Deux mois et j'arrive à pondre deux pages infimes d'un cahier pour primaire.

Non vraiment je suis une petite loque.

Pour compenser, car il faut toujours compenser par quelque chose, il me semble que je devienne maboul (sans le tendre cocker bien sûr!), et certains tabous disparaissent sans que je puisse m'arrêter.
Ma double personnalité se révèle enfin.

Petites folies donc.

Niveau sport, j'ai toujours l'intention d'être mieux physiquement que je ne peux l'être. Car si je ne plais apparamment pas aux garçons, je peux au moins me plaire à moi-même et rien qu'à moi (notez la présence hyperbolique des pronons personnels!).

Je cours donc. Il y deux jours (mais quel jour sommes-nous exactement?) j'ai couru 1h! Fier, oui plutôt fier de ça. Je me sentais super bien et je volais littéralement au dessus des clochers et des habitants un rien loqueuteux!

Je me sens super bien quand je cours, parfois je croise des passants qui me regardent soit avec gentillesse soit avec un air ahuri (est-ce moi provoque cet air ahuri? Ils sont peut être ahuris naturellement...).

Par contre, je déteste croiser des mecs. Surtout le mec-qui-attend-son-bus et qui est plutôt mignon, et je dois passer devant, alors je bombe le torse et j'essaie de le draguer en courant (ceci est faux bien entendu!).

Parfois je croise des chats. Incroyable le nombre de chats qui se baladent dans mon coin et si j'étais superstitieux je crois que je serais mort vingt-fois vu le nombre de félins noirs que je croise.

Après avoir couru, le corps est chaud et cela est agréable et c'est un plaisir comparable, à quoi? Un plaisir comparable à un petit réconfort solitaire, car je cours seul, cela va de soi. Envie de courir à ma propre allure, tranquilement ou plus vite selon les courbes et pentes.

Oui il y a quelques pentes ou montées sur mon passage. Des autos parfois. Ces fameux chats. Des mecs. Des mecs vieux et leur chien, ils ont même une baguette pour les frapper et tire sur leur laisse jusqu'à les étrangler (pauvres bêtes) quand je passe, rassurant!

Tout cela fait un bien fou et cela devient mon unique source de plaisir! Non? Si! Bon, ok j'ai d'autres plaisirs de ce genre! ^^

Une fois, en allumant ma chaîne de merde (elle coupe...mes CDs sautent, quelle vacherie!) je suis tombé sur une émission genre roman-lu-par-une-fille-sur-fond-de-musique-indus-électro-noise, j'ai éclaté de rire tout seul!

Une autre fois c'était de la musique dansable, alors j'ai dansé, tout seul, oui ça m'arrive.

Parfois je me dis "bon être homo c'est nul, j'abandonne cette tenue" et je deviens abstrait.

La semaine prochaine, ça sera une journée encore sans réel cours.

Je vais rêver en blanc ou en électro-luminescence.

Parfois, je me trouve ridicule.

Aujourd'hui fut une journée en forme d'escalator.
Par Sandoval
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Jeudi 29 octobre 2009
Il était une fois un jeune garçon sans réelle aventure avec la Musique. Fasciné par les textes de Goldman, je ne trouvais pas encore ce qui allait être l'une des révélations de ma vie (en parallèle avec les garçons, toujours eux oui, mais écartons les un peu pour une fois, ouste! Du balai!) :

la Musique.

 Avant de jouer de la guitare en 5ème je n'avais aucune notion de rythme et la Musique constituait un sorte de brouillard mélodique mais difficilement discernable.

Après avoir écouté Brassens, une amie, ma meilleure amie me passa un live de l'étrange Marilyn Manson, The Last Tour On Earth.

Je n'avais jamais envisagé d'aimer la musique rock et encore moins dite "bruyante". Pourant, il y a meilleure entrée en matière pour découvrir le rock avec Marilyn Manson.

Soit.

Je devins alors un fan. A 15ans, le semblant de subversion collait tout à fait, et je me passais ce live en boucle, tous les jours. La discographie de Manson.

Placebo fut le deuxième groupe à recevoir mes honneurs, dans ma jeunesse.

En fait inconscient toujours de la Musique.

Deux découvertes majeures ont déboulé. Nine Inch Nails et Tool. Un groupe de rock/métal indus excellent et un groupe de métal étonnant.

Le déclic. L'envie de vivre la musique. Ressentir, toujours.

Depuis cette découverte fondamentale, ce fut l'explosion des découvertes, tous les jours.

Une envie de tout découvrir sur tous les fronts : du métal indus, aux expérimentations, aux groupes d'indie, d'électro, de folk.

Avec ma bipolarité habituelle.

Un amateur lascif des déflagrations sonores comme des disques de silence, de murmures.

Entre violence et secousse et repli sur soi.

La Musique a pris une place dans ma vie indéfinissable. Elle m'habite et c'est ma seule amante en somme.


Par Sandoval
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Mercredi 28 octobre 2009
Loque. Finie la loque.
Du moins celle qui traîne la patte, sur un poitrail d'herbe, qui pisse du sang ou de l'urine propre.

Je laisse donc entrer quelques courants d'air. Les accroches. Les petites fièvres du soir. L'été et ses poings, bredouille, repart.

L'espace se fait plus franc, plus protéiforme, à vrai dire difficile de toucher une côte ou le muscle chaud, difficile aussi de sortir des batailles de vers. Happe. Elle ne risque au fond rien, la journée.
Encore plus de pénétrations.

Hier j'ai voulu écrire et les textes sont sortis comme des crachats, ils restent en suspension comme intrigués d'être là et respirer à l'air neutre, alors, je les ai projettés sans réfléchir. Ils ne comptent pas. Ils pleurent trop facilement. ils vont se faire bouffer par plus grand qu'eux. Ma hyène de tyrannie, que j'aime, et l'élocution, ne vient, jamais, ou alors elle matraque mes reins, mes jambes et mon torse.

Le soleil n'est plus aussi bleu-bleu-bleu qu'auparavant. Non. Jamais. Je me laisse pénétrer.

C'est un garçon, on a parlé, il a une voix travaillée à l'écorce, pas d'échos dans la rigolade, un maître-carbone, une pente rageuse. Oui.

Ouais et la mesure.
Je ne dors plus. C'est l'état de veille perpétuel. Sa voix. Ou ta voix, à force je ne discerne plus si c'est toi ou moi qui me lie les poings, et me couche à terre, encore mouillé de la veille, ou encore courant sans fenêtre.

Le segment plisse. Collé à la porte je l'entends. Si sa carcasse déambule dans mes couloirs c'est pour mieux la traquer, la serrer, lui faire boire de l'eau bidonnée. Aucun crime.

Aucun crime à l'extérieur.

Et j'ai déjà oublié.
Oublié.

Oublié ce qui tend à se réveiller, une pression, une moqueuse. Joie pulmonaire.

Ouais et l'inconditionnel fin de mois.

Ton pointillisme irrégulier sur ma tempe, bien braquée, arquée, tendue, vendue dès le premier jour, un crâne, un espion.

Tu veux me pénétrer.

Tu veux me pénétrer comme font les jours heureux sur la détente.

Irrégualirité. Inconscience. Trempe ta lymphe.
Et je danse.
Danse avec lui dans une moiteur terne. Greffés l'un à l'autre comme des psaumes, un tissu malentendant, une rougeur, toi, et ton monde qui s'écoule dans trachée.

Inférieure.
Je suis ton inférieur, un mucus, un subalterne, ton lent processus.Ivoire. Scintille.Croche.Teigne.

Et dans cette sueur, cette tendre plaine (de l'ascenseur? non à mi-chemin entre le cagibi et la salle de bains que tu m'offfres.
Inattaquable. Drue.

Ce sont mes jours heureux.

Le tentacule et la plaie léchée, la courroie de meute.

Quand ton souffle énonce sans ciller des grincements, des éclairs, je me sens rebaptisé.

Ce sont tes jours heureux.

Je n'irais pas jusqu'à dire que ce sont "nos jours heureux", alors que peut-être au fond, tu le désires, tu désires et tu appuies tout ton corps sur le mien, pour corrompre, pour me pénétrer.

Tous les jours, avec leurs grillages, les enfants, un ongle de machicoulis, je fractionne, j'opère une ségrégation primaire entre toi et moi.

L'inaction.
La mâchoire qui tremble.
L'essai à peine tenté, aussitôt répugné.
Ta salive épaisse.

Tes jambes coniques.

Peux-tu donner un sens au lobe d'oreille électrique?

Maintenant. Il est temps de t'infiltrer.


Par Sandoval
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Vendredi 23 octobre 2009
Maintenant, je sais exactement où mes jambes vont me conduire.

L'intention n'est pas mauvaise, juste impossible, jamais formulée, absente.

J'ai vu un homme dans le ciel et tout va se déplacer, insensiblement.

Le rêve cent fois rêvé d'une manière différente.

Après des journées de pluie, le manteau encore frais.

La tendresse unique, oui, avec, une chaise en paille ou une vieille théière, mais jamais de main qui glisserait sur ma joue, puisque je suis une ronce.

Je veux déposer des phrases, il est un jour heureux, un adieu pour une flaque d'eau.

Encore malgré les jours.
Par Sandoval
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Jeudi 22 octobre 2009
Le matin, comme beaucoup de matins, je m'enroule dans ma couette. Pas besoin de réveil, non, juste une bonne horloge biologique. Les rêves absurdes encore en substance, je me lève.

Patauge.

Je déjeune et direction la douche. Je déteste le contact froid de l'air quand je sors de la douche, et ma serviette est toujours petite, qu'importe.

Après un petit regard dans le miroir pour mes cheveux (mon unique préoccupation physique) je prends la voiture pour un trajet habituel.

Sortir du lotissement, prendre un premier feu, descendre, traverser le rond-point de tous les dangers de ma ville et remonter un très long boulevard pour arriver derrière la gare, près de ma fac.

Là je passe devant la BU, et je vais attendre devant ma salle. En ce moment, je parle avec Aurélie, qui est très gentille, très marrante. Arrive Fanny et c'est parti pour nos petites confidences, petits délires, petits secrets... Le petit secret en ce moment c'est David.

Ce matin il arrive, je suis seul pendant quelques secondes, il me demande comment ça va. On discute, je manque de faire un lapsus, et je suis visiblement gêné (à croire que je n'avais pas mis ma carapace à cet instant) et je détourne les yeux.

Il a toujours ce sourire et ses yeux bienveillants, il a une coiffure irrésistible et il me fait penser à un espagnol de sitcom pour ado (???), et cela m'amuse. De nombreux poils dépassent de ses habits, mais je fais mine de penser à autre chose.

Cours de stylistique, de grammaire. Parfois je rigole, on se fait capter par la prof de grammaire. Je pense à David et je mets à avoir des pensées qui me font échapper du cours, des syntagmes et autres questions morphologiques. Je m'imagine en train de le caresser sur tout le torse, partout, l'embrasser tendrement, ses cheveux en bataille, ses yeux troublant, et découvrir chaque partie de son corps avec plaisir.

Pendant l'heure du repas, je me retrouve seul. David et Aurélie mangent ensemble tandis que Fanny rejoint son appart'.

Je mange donc mon sandwich tout seul avec les autres personnes qui discutent, en fait, les filles. J'envoie un message à Gaëlle pour lui remercier de sa carte et à un message au garçon de mercredi.

Réunion imprévue de notre directeur d'UFR.

Une fille, dont je connais uniquement le prénom, n'arrête pas de me sourire et je me souviens avec amusement que Fanny m'avait dit qu'elle voulait savoir si j'étais célibataire ou non. Pendant quelques instants, je me suis dis, si seulement cette fille (à une autre époque, déjà loin, oubliée, mais toujours de petites peines à chuchotées), s'était appelé Claudio, l'année précédente, et puis j'ai oublié.

Le cours d'ancien français fut terrible.

Heureusement franche rigolade avec Fanny en fin de cours pour des bêtises. Elle me demande comment ma rencontre de mercredi s'est passée.
Bien, ça été. Bien qu'un peu déroutant, je trouve.

Puis il a fallu rentrer, retrouver la chaleur du foyer familial avec toutes mes idées, mes pensées d'araignée immobile, et finir par rédiger ce petit mot du soir.

J'ai pris des nouvelles de JB, il me manque, car on se comprend vraiment bien tous les deux.

J'ai repensé à Gaëlle et à nos années précédentes à quatre (cinq...) et tous nos délires ensembles, cela me manque un peu, et j'ai eu une petite nostalgie de ces moments passés.

Je me suis également souvenu d'Emilie qui a décroché son Capes. Elle me manque aussi car j'ai fais tout mon parcours à la fac avec elle, et elle fut ma première confidente et nous avions nos petits rituels.

La prépa semble bien loin,après toutes ces années et je suis bien content d'avoir traversé toute ces années sans trop de dommages importants.

Il est évident que je ne serais pour l'instant pas le garçon le plus serein de la Terre mais l'espoir est toujours présent. Bien sûr les chutes, rechutes sont toujours présentes, au quotidien.

L'autre jour l'homme que j'avais rencontré pour une rencontre sexuelle m'a recontacté. Evidemment il veut qu'on se voit un jour précis et je ne sais pas si j'en ai envie, ou peut être que j'en ai envie mais je ne pourrais pas vraiment être tranquile.

Alors le soir, parfois, je m'étends sur mon lit, et je manque de m'endormir ou alors je rêvasse comme un paresseux (l'animal) sans trop réfléchir. Je me dis que ma poésie n'avance pas beaucoup, qu'elle n'avance même pas du tout et que si demain je me fais renverser par une voiture je serais mort sans avoir crée quoique ce soit d'essentiel.

J'allume alors ma chaîne et la musique est alors dans mes tympans.

Les dimanches, les discussions, en famille, j'aide mon petit cousin pour ses devoirs, on me soutient pour mes études.

J'appréhende de plus en plus les questions sur mon célibat. Cela commence à me tracasser. Car aux yeux de mes parents et de tous, je n'ai encore eu personne, or c'est faux bien sûr (quoiqu'en matière de relations j'ai pas trop à me vanter), et je passe sûrement pour un coincé (que je suis, moins avec le temps...).

Je m'en fiche qu'un tel épouse quelqu'un. Je ne sais même pas ce qu'il va advenir de moi dans ces prochaines années.

Parfois je me dis, je n'aurais jamais pu être hétéro, je ne suis pas fais pour être un garçon comme tous les autres, et je me dis que je ne suis pas vraiment le parfait homo, je suis juste moi et cela ne me paraît pas assez.

Alors, parfois, je m'échappe, je ne suis plus vraiment ici....
Par Sandoval
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Mardi 13 octobre 2009
Hier je suis allé courir, assez tard.

Suffisamment pour pouvoir courir avec le soleil qui se couche.

J'ai réussi à bosser hier soir, j'ai fini mon mémoire et il ne me restera plus que la soutenance.

Maintenant, parlons un peu de ma promotion de capes. Dans l'ensemble, c'est mieux que l'année dernière, beaucoup mieux. On discute. Restent les snobs qui m'amusent.

Mais je garde le fin du fin pour David. Oui, peu de chances qu'il tombe sur mon blog. Outre le fait que j'ai craqué sur lui en début d'année, je n'ai pas un regard objectif. Mais tout de même, cela n'est pas si simple que cela.

Je peux dire que je suis passé du stade purement attirance physique à découverte de sa personnalité. Il est très gentil, posé quoique je soupçonne un caractère fort, un rien nonchalant, et d'une intelligence malicieuse. On a parlé de musique, de métal, puisqu'il apprécie beaucoup de groupes que j'aime (Tool, Pain of Salvation, Oceansize, Porcupine Tree etc) et je l'ai trouvé intéressant.

On a parlé littérature, et j'éprouve réellement du plaisir à parler avec lui. En fait, j'ai l'impression de parler avec quelqu'un qui a pour l'instant de très afinités avec moi. C'est agréable et délectable.

J'ai décidé de laisser le côté primaire "est-il homo?" tomber. Il est hétéro. Il a mangé avec moi ce midi, pour me tenir compagnie ce que j'ai apprécié avec joie. Il est ouvert, sympa. J'ai pu discuter avec lui sans me laisser perturber par ma gêne initiale.
Bien sûr, j'essaie de ne pas trop le regarder avec un air trop insistant même si ses yeux bleus piquants m'y invite.

J'ai déjà saisis quelques attitudes qui me plaisent

-Sa manière de regarder, quand j'arrive lui dire bonjour, mi-gêné, mi-amicale avec ses yeux qui brillent, d'une douceur incroyable, une forme de douceur émane de lui.

-Son sourire discret, mais dévastateur.

-Sa voix, et sa manière de parler. Toute en retenue, les mots finissant le plus souvent dans un murmure, sa voix grave qui semble ne pas changer de registre, il parle sans vraimennt articuler, et cette petite imperfection me plaît.

Je n'ai aucune référence à quelqu'un d'autre pour le décrire.

Loin de tomber en pamoison j'apprécie sa compagnie et nos premières discussions...je crois qu'elles pourraient durer longtemps.

Bien sûr je ne suis pas amoureux, pas du tout, et je sais pour l'instant, que je prends une distance ultra nécessaire pour ne pas retomber dans mes travers de l'année dernière. Bien sûr ce garçon allie intelligence, et charme c'est indéniable, mais cela s'arrête là.

Je songe toujours à mes nouveaux poèmes et cela va faire un moment que je n'ai pas écris. La raison est simple : chaque période d'écriture correspond à une période de ma vie et j'ai encore du mal à extraire tout cela, à l'éloigner loin, à m'éloigner pour créer à nouveau.

Je prends mon temps, peut être un peu trop d'ailleurs.

Il se peut aussi que je n'ai pas envie d'écrire tout simplement. Quand j'écris des poèmes, un problème se pose, or là rien ne se pose vraiment en problème, l'impulsion n'est pas là.

Je m'entends bien avec Fanny, de mieux en mieux, notre complicité est au beaux fixe. On parle de tout, de mecs, de joies, de passages à vide.

Evidemment, avec une autre fille, c'est difficile de pas faire de gaffe devant elle, et de parler de garçons.

En ce moment, il semble que je détourne quelque chose, je ne sais pas quoi, mais je deviens encore quelqu'un d'autre, qui m'est inconnu évidemment, une forme de mec qui m'épie derrière la porte avec un petit rire. Ce n'est même pas l'odeur de la cigarette, ni même l'odeur d'un homme, ni encore la sueur d'un brouillard, c'est autre chose. J'ai parfois l'impression que cet homme vient me rendre visite pendant mon sommeil, il s'asseoit, me souffle à l'oreille d'étranges mots, phrases.

Au réveil j'ai tout oublié, mais le souffle chaud et brûlant demeurre, tiède, accroché.

C'est un visiteur indélicat, peu soucieux de mes quarantaines, il a la sécheresse des jours perdus, mais il possède surtout la salive des jours nouveaux.
Il vient et m'enserre par la taille lorsque je deviens lisse et sans émotion. Il confond l'hiver et les matinées de retrait, j'entends ses crissements et ses mains neuves ne titubent plus. Il a les mains chaudes et elles sondent mon corps perpétuellement.

Espaces de douleurs, espaces de plaisirs. Plaisirs même pas interdits, non, il vient s'appuyer sur mon corps en haletant, en soupirant, voire en poussant des gémissements qui arrachent la tête, ce bruit résonne encore une heure après avec les picotements dans le ventre et les jambes.

La nuque est touchée, les épaules rendent les armes, et le dos devient une machine couchée l'herbe.

Il n'est pas un animal, mais une machine organique qui cherche à sonder, à m'assimiler, me posséder, me tenir toujours par les dents, et gestes sont brusques, vifs, très cohérents.

Parfois, je ne cherche même pas à lui résister.
Par Sandoval
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Mercredi 7 octobre 2009
Ce matin en allant courir j'ai encore ressenti : cet air étonnament tiède pour la saison, le crissement régulier de mes pas sur ce chemin de cailloux et de terre.

J'ai aperçu des oiseaux dans le ciel, rien ne semble leur être difficile là haut.

Ces brises lumineuses sont rares, mais elles sont bien présentes.

Hier à la BU, j'étais quelqu'un d'autre. J'ai passé une année à contempler un garçon et maintenant son fantôme semble prendre une voiture et me laisser avec le bidon d'essence, pour le meilleur.

Une fille m'a regardé avec un sourire, même si j'aurais espéré celui d'un garçon.

Parfois, dans la colère, et la tristesse le flou s'étire sur mon lit et avec ses cheveux emmêlés, il ressemble à un tremblant cauchemar.

J'ai eu envie de jouer avec lui, renverser des verres, rire dans un couloir, se parler et s'écouter autour d'un chocolat encore brûlant.

Parfois, ce détachement, l'univers flotte et je capte les oisillons qui tombent du ciel sans crier gare (la mémoire des quais).

Et je souris, même lorsque tout se renverse sur la route.

Par Sandoval
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